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Cahier de doléances

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Contribution n° 553061

  1. Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

    Un des enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique est la source d’énergie permettant la circulation des biens et des personnes. Actuellement, les moteurs thermiques des véhicules utilisent des combustibles fossiles qui viennent de la décomposition et de la simplification de matières organiques piégées dans les sédiments il y a des millions d’années de cela. Les stocks sont d’une part finis et ce carbone piégé dans le sol et remis dans l’atmosphère sous forme de CO2 vient en surplus de ce qui circule déjà du fait du cycle du carbone dans la biosphère et la géosphère, occasionnant les problèmes climatiques que nous connaissons actuellement. D’un point de vue pratique, le caractère fini des ressources de combustibles fossiles se fait sentir dans les fluctuations du cours du pétrole et donc du prix des carburants à la pompe, impactant le pouvoir d’achat des particuliers. Dans ces conditions, on va évidemment dans le mur et il faut passer à autre chose. Différentes sources d’énergie se présentent dans le cadre de la circulation des biens et des personnes : - Electricité du réseau (voiture électrique). - Electricité issue du fonctionnement d’une pile à combustible. - Energie thermique issue de la combustion du méthane (GNV). - Energie thermique issue de la combustion du GPL (propane/butane). - Energie thermique issue de la combustion du bioéthanol/butanol. - Energie thermique issue de la combustion du biodiesel. Actuellement, l’électricité du réseau vient pour 70% de l’énergie nucléaire. Les combustibles nécessaires à la production de cette électricité sont en quantités finies sans compter que plus le temps passe, plus la probabilité qu’un accident se produise du fait du vieillissement des centrales nucléaires ou de la négligence humaine devient importante. En outre, la question du devenir des déchets nucléaires n’a toujours pas été réglée. C’est donc une solution à exclure, sauf à supposer la mise en place massive d’énergie renouvelable et d’une gestion adaptée du réseau électrique entre l’offre et la demande avec la mise en place d’accumulateurs de nouvelle génération. L’électricité peut aussi être produite à bord d’une voiture par le biais d’une réaction électrochimique entre de l’hydrogène et de l’oxygène dans une pile à combustible. Mais, tout d’abord, il faut produire de l’hydrogène. Actuellement, il n’existe pas de solution viable pour produire du biohydrogène de façon renouvelable dans la mesure où le procédé existant a pour conséquence le décès des algues (ce qui veut dire qu’il faut refaire croitre à chaque fois une nouvelle colonie d’algues). La fabrication en continue se heurte à des obstacles physiologiques propres aux algues. Actuellement, des chercheurs français étudient les mécanismes enzymatique à l’origine de ces obstacles, cela en relation avec le génome des algues afin de déterminer sur quel(s) levier(s) génétique(s) agir pour pouvoir mettre en œuvre une production d’hydrogène en continue. Ils progressent régulièrement et peut-être faudrait-il arrêter la politique de restriction budgétaire à l’endroit des universités et des agences de recherche si on veut obtenir des résultats dans ce domaine et dans d’autres. Actuellement, l’hydrogène est produit par reformage catalytique d’alcanes issus de la pétrochimie. Comme le procédé utilise beaucoup d’énergie non renouvelable et que dans les produits il y a du CO2 qui est émis, ce n’est pas une solution pertinente pour lutter contre le changement climatique. On peut faire de l’hydrogène par hydrolyse de l’eau mais c’est un procédé utilisant beaucoup d’électricité et cela pose donc la question de l’origine de l’électricité. Ensuite, pour catalyser la réaction entre l’oxygène et l’hydrogène, il faut utiliser, à l’heure actuelle, des métaux rares et coûteux. Enfin, la disponibilité de l’hydrogène pour alimenter un véhicule est très réduite (trois stations-service en France). Donc, à l’heure actuelle, l’utilisation de la pile à combustible pour des véhicules n’est pas une solution viable. Les alternatives à la propulsion électrique sont les propulsions d’origine thermique. Différentes possibilités se présentent. La propulsion avec du méthane (GNV) est beaucoup plus propre en terme de microparticules que les autres. Néanmoins, actuellement, c’est un carburant d’origine fossile. On peut produire du méthane par fermentation anaérobie de matières organiques, notamment à partir de fruits de récolte ou de résidus de cultures. Cela étant on peut en venir à cultiver des plantes expressément pour cela, comme cela se fait en Allemagne. Ce n’est donc pas viable. Mais cela pourra peut-être le devenir si les paysans français se motivent pour mettre en œuvre l’agriculture de conservation et produire de la biomasse végétale à outrance, suffisamment de matière sèche. Par exemple, comme certains agriculteurs qui, lors d’année à maïs, sont capables de faire 40t/ha de résidus de cultures. Dans ces conditions, même si un(e) agriculteur (trice) divertit une dizaine de tonnes de résidus pour la méthanisation, cela en laissera une trentaine pour nourrir le sol. Pour le moment, on n’en est pas là mais cela peut changer si les membres du gouvernement abandonnent leur grille de lecture libérale de non intervention de l’Etat dans l’économie (d’ailleurs, pour le bien commun, ils pourraient faire ça en permanence, ça leur éclaircirait l’esprit) et abandonnent leur vision comptable et étroite de la gestion du budget de l’Etat. Il s’en faudrait de, au maximum, de 4 milliards d’euros pendant 5 ans (une maec à 200 euros/ha/an) pour pouvoir faire passer les agriculteurs (trices) de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture de conservation. Cela pourrait être diverti, par exemple, des 20 milliards d’euros avant affectés au CICE d’une manière complètement inefficace et maintenant affectés à des allégements de charge supplémentaires alors que les précédents n’ont pas fait grand-chose pour diminuer le taux de chômage en France, donc encore une affectation inefficace. Depuis de nombreuses années, on propose dans une modeste mesure le mélange propane/butane (GPL). Ce mélange, comme le GNV, produit moins de microparticules. Pour ce qui est de la sécurité d’emploi, il n’y a plus de problèmes et un nombre relativement modeste de station-services en propose (environ 1600). Utiliser le GPL contribue à limiter le gaspillage d’énergie étant donné qu’habituellement, cette fraction de distillation est détruite par torchage. Il serait possible d’augmenter la quantité de GPL pouvant être mis à disposition en proposant aux industries pétrochimiques de faire un effort pour ne pas le bruler mais le récupérer. Mais la quantité récupérable est de toutes manières réduite. En outre que c’est un combustible fossile, la marge de progression semble donc limitée. Cela étant, des chercheurs ont montré qu’il était possible de faire produire du propane par des bactéries. Dans ce cas, les bactéries étaient en mode de fermentation et ont été alimentées par du sucre. Mais ces chercheurs, du fait de la parenté entre la voie biosynthétique qu’ils ont utilisée et celle d’une autre expérimentation, estiment que dans ce dernier cas, du propane a été produit. En l’occurrence, il s’agissait d’une cyanobactérie (elle a besoin de nutriments minéraux, de soleil, d’eau et de CO2), dont le génome a été remanié de manière à la faire fermenter en même temps qu’elle fait sa photosynthèse, destinée à produire du butanol (un carbone de plus par rapport au propane). Mais les auteurs de cette étude ont eu à lutter contre la tendance de cette bactérie à détruire le butanol et son composé parent dans la biosynthése, le butyraldéhyde, en raison de la toxicité de celui-ci, en éliminant le carbone portant la fonction chimique et produisant par la même occasion du propane qui est volatil et qui est donc facilement éliminé de la bactérie et du milieu. De même, on pourrait produire du butane à partir du pentanol (cinq carbones) étant donné que celui-ci a pour composé parent dans sa voie de biosynthèse une molécule de la même famille chimique que le butyraldéhyde et qui est donc susceptible, en aidant la bactérie par l’insertion d’une enzyme idoine, de déclencher des mécanismes analogue de destruction par section du carbone portant la fonction chimique, ce qui revient alors à obtenir du butane, qui est volatil et facilement éliminé de la bactérie et du milieu. Le point noir est l’alimentation en CO2, qui dans l’idéal devrait se faire par extraction de celui-ci à pression atmosphérique. Des prototypes et différentes technologies existent. Dans la pratique, des travaux faits sur des unités pilotes montrent que dans le cadre d’un certain type de technologie employée, le coût d’extraction serait de 90-290 $/t de CO2. Et il semble possible qu’il puisse même être encore inférieur. Donc moyennant quelques travaux de recherche en laboratoire pour la mise au point des organismes et un certain nombre d’investissements pour mettre en place les infrastructures (extraction du CO2), il semble possible à moyen terme de créer une filière de GPL renouvelable et biologique de troisième génération. Actuellement, il n’existe pas de moyens de production de ces biocarburants ne faisant pas intervenir des processus de fermentation de fruits de culture ou de résidus de culture qui soient disponibles. Ces procédés ne seront disponibles qu’à moyen terme mais en accélérant la recherche tant sur le plan scientifique que technique, il est possible d’accélérer le processus. Et le ‘‘marché’’ étant virtuellement incapable de prendre en charge un procédé n’ouvrant pas directement sur une application rapide et effective, il est évident que cela doit être pris en charge par l’Etat. Et pour cela, il faut abandonner la vision infantile de l’autorégulation du marché et de l’affectation optimum des investissements par le marché. Il est fort probable que l’énergie utilisée pour les moyens de transport viendra de différentes sources. Mais pour organiser cela, il va falloir investir tant en termes d’infrastructures de production et de distribution qu’en termes de recherche et de mise au point de procédés.