Contribution n° 577155
- Consultation
- Grand Débat national
- Questionnaire
- Grand Débat - Transition écologique
- Auteur
- Auteur #215784
- Date
Réponse 7247252
Quel est aujourd'hui pour vous le problème concret le plus important dans le domaine de l'environnement ?
Autre : La croissance : un mirage qui ne peut conduire qu’à des catastrophes :
Réponse 7247253
Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
La croissance : un mirage qui ne peut conduire qu’à des catastrophes : La physique (du grec: « ê physikê » signifiant « connaissance de la nature ») montre clairement que le mouvement perpétuel n’existe pas et qu’aucun phénomène auto entretenu ne peut diverger jusqu’à l’infini dans un système fermé aux ressources finies. Notre terre est une quasi sphère au volume fini, les ressources naturelles qui en sont issues sont donc limitées alors que celles qui viennent de l’extérieur comme les rayonnements du soleil sont quasi illimitées à l’échelle humaine sous réserve que ce singe qui est devenu con (en référence au livre de Cavana sur l’évolution humaine :« et le singe devint con ») ne soit capable de déverser des saloperies qui rendraient l’atmosphère terrestre imperméable aux rayonnements électromagnétiques. La croissance en économie relève des phénomènes de rétroaction positive qui, s’ils ne sont pas stabilisés, se terminent par une catastrophe. On peut citer pour exemple la réaction de fission nucléaire dans laquelle le choc d’un neutron sur un matériau fissile comme l’uranium casse le noyau d’uranium (transformation en « déchet ») en émettant une énergie W et 2 nouveaux neutrons qui à leur tour, dans un milieu d’uranium confiné vont engendrer 2x2 neutrons puis 2X2X2 et finalement 2n au bout de n processus avec un énorme dégagement d’énergie 2nW qui se matérialise par le fameux champignon de la bombe atomique. Pour maîtriser ce phénomène catastrophique, il faut le contrôler et le stabiliser à un niveau de développement acceptable ; on obtient alors un réacteur nucléaire en incluant dans le système, un matériau absorbeur de neutrons contrôlé par un cerveau mécanisme. C’est ainsi que fonctionnent tous les systèmes intelligents qui sont conçus pour s’auto réguler. La vie sur terre résulte d’un ensemble merveilleusement structuré de boucles de rétroactions positives et de stabilisateurs qui engendrent un équilibre harmonieux que des apprentis sorciers obsédés par les rendements à court terme et les profits risquent de détruire. On peut citer pour exemple les oiseaux qui se reproduisent naturellement (comme les neutrons dans la fission nucléaire) en risquant d’envahir la planète si des prédateurs ne venaient pas stabiliser leur nombre. Ce système s’auto régule car quand le nombre d’oiseaux tend à augmenter, les prédateurs bien nourris ont un faible taux de mortalité alors que ce dernier s’accroît automatiquement si le nombre d’oiseaux diminue. Si, en revanche, un jardinier ne voyant pas plus loin que le bout de sa serfouette, détruit artificiellement et massivement les oiseaux qui picorent dans ses jeunes pousses, il modifiera l’équilibre naturel et verra rapidement son potager ravagé par les larves et les insectes. La plupart de nos brillants économistes qui n’ont pas de vision globale sur le long terme se comportent malheureusement comme notre brave jardinier qui doit ensuite traiter chimiquement les insectes avant de mourir empoisonné par toutes les potions magiques mais toxiques qu’il fait absorber à sa bonne terre nourricière. Les grandes lois universelles de la physique et donc de la nature font que les systèmes en croissance auto entretenue s’auto détruisent ou s’auto régulent grâce à des mécanismes de saturation. De la même manière, la croissance économique se régulera toute seule avec des aléas climatiques draconiens ou explosera avec une guerre sanglantes des oubliés contre les nantis. Pour éviter ces issues dramatiques pour les générations futures, des dirigeants intelligents pourraient transformer cette bombe atomique potentielle en réacteur de bien-être en éradiquant le libéralisme sauvage et en instaurant un mécanisme de régulation de la croissance, de solidarité et de partage des richesses. C’est pour ce challenge que nous comptons sur vous Monsieur le Président. La transition écologique n’est pas compatible avec la quête effrénée de rendement et de vitesse : Tant que la pensée dominante des systèmes capitalistes n’aura pour seul objectif que l’appât du gain sans se soucier de l’environnement, au sens le plus large (humain, animal, végétal...), la transition écologique n’a aucune chance de voir le jour et c’est pour cette raison que Nicolas Hulot a démissionné de son ministère. Les vrais écologistes ont une vision systémique globale des problèmes qui permet de prendre en compte les interdépendances planétaires dans les choix économiques. La vraie prise de conscience des problèmes écologiques fondamentaux ne progressera pas tant que les soi-disant écologistes resteront le nez collé aux dégâts environnementaux sans chercher à comprendre les causes profondes de la dégradation de notre planète et de nos responsabilités collectives liées à nos modes de vie. Nous, les humains enfants de Gaïa, devrions comprendre que notre seul dieu qui nous permet de vivre sur notre bonne terre c’est l’énergie que nous captons car les hommes ne produisent pas d’énergie, ils ne font que la transformer à partir des énergies naturelles. Ce concept étant acquis, la notion de rendement prônée par les ayatollahs du capitalisme n’est pas écologiquement pertinente car elle est mal définie. A titre d’exemple, les rendements des céréales chers aux défenseurs de l’agriculture intensive sont définis en quintaux/ hectare alors que dans une vision globale ils devraient être définis en quintaux / Joule (le Joule est une unité d’énergie) qui fait intervenir non pas la surface agricole mais la quantité d’énergie qu’il a fallu mettre en œuvre pour obtenir une production. Le vrai rendement d’un processus c’est le rapport entre la production et l’énergie consommée pour l’obtenir. Dans le même esprit, la notion de vitesse de déplacement en km/heure devrait aussi être estimée en Km/Joule pour prendre en compte toutes les énergies (carburant, infrastructures, achat du véhicule, assurances,...) qu’il a fallu consommer pour atteindre cette vitesse horaire. Ces notions sont développées dans l’ouvrage du physicien David MacKay, conseiller scientifique du département de l’énergie et du changement climatique britannique« l’énergie durable pas que du vent » qui peut être consulté gratuitement et dans son intégralité, sur internet.