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Cahier de doléances

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Contribution n° 578720

  1. Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

    « Changer de paradigme » (N. Hulot) Dernièrement, au moins deux personnalités importantes du débat politique français ont explicitement nommé la cause des problèmes climatiques qui nous menacent, et pourtant si cette cause a bien été mentionnée (mais pas toujours) dans les commentaires et débats que j’ai suivis ou écoutés, personne ne s’est vraiment attardé sur son cas ; il faut dire que son élimination ou son contournement est un sujet ardu ! Le 28 août 2018, Nicolas Hulot, ministre d’état et de l’écologie se rend à France Inter, invité par Léa Salamé et Nicolas Demorand. Dès le premier paragraphe de la transcription de leur dialogue il déclare : on « s’évertue à entretenir voire à ranimer un modèle économique, marchand qui est la cause de tous ces désordres » à sa deuxième réponse, il annonce sa démission dans la suite de l’entretien, quatre fois encore, il enfoncera le clou : *« la situation universelle au moment où la planète devient une étuve mérite qu’on se retrouve et que l’on change de paradigme. » *« On n'a pas compris que c’est le modèle dominant [le libéralisme] qui est la cause.» *« On recherche une croissance à tout crin. Sans regarder ce qui appartient à la solution et ce qui appartient au problème » *« Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur les biens communs on l’a véritablement remise en cause ? » Le 31 décembre, le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de ces voeux aux français « le capitalisme ultralibéral et financier trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa fin » Le Mal est nommé ! C’est notre système de société qui pose problème. Il nous a permis de nous développer, de faire d’énormes progrès et d’acquérir une immense connaissance, mais les concepts de base n’ont pas évolué. On peut les réduire comme suit : l’homme est bien petit face à l’immensité du monde et à ces ressources, si petit qu’il ne peut pas faire grand mal ni grand dégât, alors travaille et tu seras riche ; cette dernière injonction induisant l’individualisme. A terme tous devaient parvenir à la richesse … Dans l’intervalle, la population mondiale s’est accrue à plus de sept milliard d’humains, les techniques ont tellement évoluées que l’Homme, si petit, est devenu un redoutable exploiteur des ressources d’un monde qui est finalement bien petit, tandis que le seuil de référence de la richesse s’est accru pour être aujourd’hui hors d’atteinte même pour les plus riches ! 2018 est l’année où 26 personnes seulement possèdent plus de richesse que la moitié la plus pauvre de l’humanité ; l’année dernière elles étaient 42 !... Et pourtant ils sont nombreux à gagner au Loto ou à l’Euro Million plusieurs fois par an ! En 2018, le jour du dépassement (jour où l’empreinte écologique humaine dépasse la capacité de régénération de la planète) était début août. Peu importe que cette notion soit juste ou fausse, ce qui importe, c’est qu’elle signifie que notre niveau de prédation trop grand et augmente chaque année. Il faut changer de paradigme dit N. Hulot, mais pour le remplacer par quoi ? Pas si simple d’inventer un nouveau modèle de société quand le « Siècle des Lumières » s’est achevé il y a plus de deux siècles, que le « Pays des Lumières » les a mises en veilleuses et que les seules « Lumières » encore visibles (grâce aux projecteurs qui les éclairent sur les plateaux de télévision) se sont muées en experts de la communication qui n’apportent rien mais nous expliquent à longueur de soirées « ce qui fait que notre fille est muette » . En plus,nous n’avons plus guère de temps devant nous surtout que cet éventuel nouveau modèle devra convaincre l’Humanité et ses représentants ou gouvernants aussi vite que possible. Pour ne pas perdre de temps, il s’agit donc de ne pas tout remettre à zéro, mais de modifier l’existant. On pourrait à cette fin utiliser « l’équation de KAYA » que Jean Marc Jancovici (entre autres) a déjà largement présentée. On part d’une égalité simple comme (« au hasard ») CO2 = CO2 et on sait en mathématiques que on ne change pas une égalité si on multiplie et divise un de ses cotés par la même grandeur. On va de cette façon introduire dans notre égalité les paramètres suivants (« toujours au hasard ») : TEP, PIB, POP pour respectivement : Tonne Equivalent Pétrole, Produit Intérieur Brut, et POP pour population. Et on écrit : CO2 = CO2 x TEP/TEP x PIB/PIB x POP/POP . On permute maintenant les numérateurs ou les dénominateurs entre eux jusqu’à trouver des rapports de paramètres intéressants ou déjà connus ou utilisés, comme par exemple cette écriture : CO2 = CO2/TEP x TEP/PIB x PIB/POP x POP . CO2/TEP n’est autre que le contenu en CO2 d’une tonne équivalent pétrole TEP/PIB est l’intensité énergétique de l’économie et PIB/POP est la production par personne. On peut compléter cette équation en introduisant autant de paramètres que nécessaire pour décrire au mieux le système, comme nous l’avons fait ci-dessus, ou en décomposant à leur tour les paramètres déjà introduits mais toujours en prenant garde que les nouveaux paramètres introduits figurent bien au numérateur et au dénominateur pour ne pas détruire notre égalité. On peut aussi appliquer cette méthode à tous les domaines de connaissances et in fine on peut par cette méthode mixer tous les domaines de connaissances dans la même équation, comme si un physicien énergéticien, un économiste, un industriel, un psychologue, un ergonome, un sociologue et un philosophe parlaient soudain le même langage ! … Pour aboutir à une équation de Kaya aussi complète, il faudrait constituer une assemblée de spécialistes issus des divers domaines de connaissances évoqués ci-dessus, à raison de 3 à 4 personnes pour chaque domaine, des personnes à priori peu médiatiques ou médiatisées pour que leurs influences relatives dans le groupe restent homogènes, des personnes ayant aussi de bonnes connaissances dans un ou plusieurs domaines autres que celui dans lequel elles exercent leur activité professionnelle, ceci afin de faciliter dans les débats le repérage de concepts ou de paramètres supposés propres à chaque domaine de connaissances mais pourtant assez voisins voire identiques à ceux utilisés dans d’autres domaines malgré des noms très différents et propres aux jargons en usage. Cette assemblée serait complétée par un modérateur apte à contrôler une assemblée en « brainstorming », et un rapporteur ayant bonne connaissance de la mise en œuvre de la méthode « Kaya », une bonne culture générale et un esprit d’analyse et de synthèse acéré. La principale fonction de ce dernier serait d’obtenir une bonne et précise formulation des paramètres, éventuellement leur limite d’application, puis la mise en forme immédiate de l’équation ou des équations de Kaya si l’assemblée procède d’abord par étapes ou par domaines de compétences. Plusieurs personnes seront requises pour tenir ces postes selon la méthode de travail (équipes ou séances plénières) ou suivant les domaines de connaissances. Enfin pour éviter que ces brainstorming ne partent dans tous les sens et (ou) d’obtenir une ou des équations trop complexes, les débats seront orientés voire limités d’abord à des thèmes extraits ou déduits des paroles du Président de la République ou de celles de Nicolas Hulot et des corollaires qui en découlent. Ce qui pourrait donner des orientations suivantes dans un premier temps : * Abolir le capitalisme ultralibéral * Intégrer la disponibilité de la ressource au calcul du PIB * Limiter le niveau de fortune possible * Limiter le coefficient d’écart entre les hauts et les bas salaires dans une entreprise en fonction du nombre de salariés dans l’entreprise (permanents et temporaires) * Taxes sur tous les rejets de dioxyde de carbone issus de carbone d’origine fossile * Taxes sur la consommation de carbone d’origine fossile * Subventionner plus largement toutes les initiatives individuelles ou collectives visant à réduire de manière conséquente voire totalement, les rejets de CO2 issus de la consommation de carbone d’origine fossile sans dégradation généralisée du paysage (je pense à l’amélioration de l’habitat : isolation et chauffage, seconde voiture d’un foyer obligatoirement électrique, interdiction des véhicules hybrides non rechargeables, …) Enfin -et ce sera la fin car l’heure limite de clôture approche- il restera à transmettre tout cela à nos diplomates….