Contribution n° 575967
- Consultation
- Grand Débat national
- Questionnaire
- Grand Débat - Transition écologique
- Auteur
- Auteur #106683
- Date
Réponse 7233920
Quel est aujourd'hui pour vous le problème concret le plus important dans le domaine de l'environnement ?
- Les dérèglements climatiques (crue, sécheresse)
Réponse 7233921
Que faudrait-il faire selon vous pour apporter des réponses à ce problème ?
1 - Une politique plus aggressive pour convaincre les usagers potentiels de prendre les transports en commun à l'échelle d'une agglopération. Je m'explique. Il n'est pas possible de mettre en place d'un seul coup sur une zone donnée des transports en communs qui satisfont tout le monde, ou même une majorité. En effet, pour de nombreuses raisons tant économiques que d'ingénieurie (passer à l'échelle est un problème difficile, cela nécessite de l'expérience d'exploitation sur le système en question, entre autres) il est nécessaire de commencer petit avant de développer, et ce en ayant des retours d'expérience par une véritable utilisation au fur et à mesure afin de contrôler que les directions prises sont correctes. En conséquence, il ne faut pas se contenter de se lamenter que les utilisateurs ne viennent pas sufisamment utiliser un réseau de transports en commun: il faut aller les chercher, avec les dents s'il le faut. Même avec un réseau balbutiant il est possible de cibler (par des campagnes de publicité dans des endroits précis par exemple) des segments particuliers pour lesquels le niveau de service serait satisfisant, et acquérir ainsi une base d'usagers, par exemples des nouveaux travailleurs venant de s'installer et n'ayant pas nécessairement acquis une voiture. Il est évidemment indispensable que la fiabilité du réseau soit assurée, sinon au premier problème l'usager acquierera une voiture et ne se départira pas de l'habitude qu'il vient de prendre de l'utiliser. Puis, sur la base de cette base d'utilisateurs, y compris les revenus qu'elle apporte (raison pour laquelle je suis contre la gratuité des transports en commun en règle générale), il est possible d'étendre, de densifier, et d'augmenter la fréquence du réseau, progressivement et en allant chercher à chaque fois le segment pour lequel le réseau donne dorénavant un service satisfaisant. C'est la base de la (attention je vais dire un gros mot) mercatique, ou marketing en bon anglais. Cela peut d'ailleurs passer par le fait de favoriser la circulation de ces transports en commun par rapport à la circulation générale, comme par la mise en place de voies de bus réservées; cela se justifie aisément: pour une même utilisation de l'espace public (une voie de circulation), un bus peut transporter bien plus de personnes que les voitures occupant le même espace. 2 - Assumer les politiques consistant à inciter/désinciter certains comportements (par le biais de l'impôt, le plus souvent), i.e. qu'elles ne sont pas juste là pour récupérer de l'argent, et en conséquence faire savoir quels accompagnements existent. Faire aussi savoir que les émetteurs institutionnels sont aussi soumis à de telles incitations/désincitations et que les efforts sont partagés, et comment. Le citoyen moyen s'imagine peut-être que la lutte contre la pollution passe d'abord par la lutte contre les émetteurs institutionnels, qui sont les plus visibles, ou même au mieux il voit dans les émissions des émetteurs institutionnels un phénomène sur lequel il n'a pas prise et donc celui dont l'état doit se méler, tandis que son comportement et les efforts qu'il fait pour limiter ses émissions ne regardent que lui. Mais les émissions réalisées par ses voisins vont aussi affecter notre citoyen, et donc c'est lui rendre service d'inciter leur comportement à eux aussi à changer, même si notre citoyen doit lui aussi faire l'objet de ces mécanismes pour des raisons évidentes d'égalité. Inversement, il est possible de compter (dans une certaine mesure bien sûr) sur le civisme des citoyens pour lutter contre les émissions des émetteurs institutionnels, sans intervention directe de l'état, en rendant obligatoire la mention des émissions réalisées au cours de l'élaboration d'un produit par exemple. 3 - Améliorer la réflexion sur les moyens de production d'électricité, et en particulier, lesquels vont permettre de décarboner la production en général. L'électricité ne se stocke pas, il faut donc moduler la production en fonction des besoins en permanence, et ceux-ci varient dans la journée ainsi que selon les périodes de l'année. En particulier en France, la dépendance aux énergies fossiles pour la production d'électricité est donc beaucoup liée aux besoins des pics de consommation, là où les autres sources, y compris celles déclenchables à la demande, ne suffisent pas. L'ajout de nouvelles sources non commandables comme les éoliennes est donc très médiocrement utile dans cette optique. Même si à l'avenir il serait envisageable de moduler la consommation en partie en fonction de l'offre (comme les véhicules électriques qui restent à charger toute la nuit et donc pourraient attendre le moment le plus opportun), on n'en est pas encore là. Il est donc plus important de lutter effectivement contre l'utilisation d'énergies fossiles dans la production d'électricité que de mettre en places des éoliennes, qui servent plus à se donner bonne conscience; cela passera probablement plus par des limitations de consommation, par exemple en investissant dans la rénovation thermique des bâtiments et la mise en place de pompes à chaleur, que dans la mise en place de nouvelles productions commandables (le gisement hydroelectrique est un peu saturé en France). 4 - Garder le système dit "capitaliste". Plus qu'un système, c'est un cadre dans lequel il est possible de jouer sur ce vers quoi vont tendre les acteurs par le jeu des incitation et désincitations, et sauf exception les buts seront obtenus de manière plus efficace que par des interdictions et autres, car avec des incitations chacun est invité à trouver comment parvenir au but, et ce de manière à ce qu'il soit persuadé que ça venait de lui. De plus, les systèmes alternatifs ne peuvent pas vraiment se prévaloir de résultats probants, historiquement parlant, surtout en matière de respect de l'environnement. 5 - Aider au déménagement dans le cadre de l'assurance chômage. Il est clair qu'augmenter la pression sur les demandeurs d'emploi pour qu'ils acceptent une offre proposée va non seulement conduire à ce qu'ils acceptent des offres qui correspond moins à leur formation initiale, mais aussi à ce qu'ils acceptent des offres plus éloignées de leur domicile si on ne fait rien pour freiner cela, et il semble évident qu'il faut éviter le développement de ce genre de situation qui deviendra rapidement intenable au fur et à mesure qu'il faudra limiter la consommation de carburants fossiles en général. Donc plutôt que d'inciter à l'acceptation de postes éloignés, il vaut mieux favoriser des postes très éloignés, potentiellement sur toute la France, avec fourniture d'une aide au déménagement vers un lieu proche du dit poste afin que la fluidification du marché de l'emploi ne s'accompagne pas d'une dépendance accrue aux énergies fossiles.
Réponse 7233922
Diriez-vous que votre vie quotidienne est aujourd'hui touchée par le changement climatique ?
- Non
Réponse 7233923
À titre personnel, pensez-vous pouvoir contribuer à protéger l'environnement ?
- Oui
Réponse 7233924
Si oui, que faites-vous aujourd'hui pour protéger l'environnement et/ou que pourriez-vous faire ?
- utilisation du vélo - chauffage à 18°C - moins d'achats de produits: un smartphone me dure 5 ans, en moyenne, par exemple - pas d'utilisation de sèche-linge ou autre produit "de confort" gourmand en énergie. - limiter au maximum le recours à la climatisation lors d'épisodes de canicule en améliorant l'isolation, en installant des volets, et en les fermant après 10 du matin. - réutilisation systématique des sacs utilisés pour les courses - refus des couverts jetables même pour manger au travail: utilisation de couverts inox et tasse céramique, avec vaisselle faite au bureau. - etc.
Réponse 7233925
Qu'est-ce qui pourrait vous inciter à changer vos comportements comme par exemple mieux entretenir et régler votre chauffage, modifier votre manière de conduire ou renoncer à prendre votre véhicule pour de très petites distances ?
De savoir que les autres ont une incitation pour ce faire, voire feraient mieux que moi, m'inciteraient à modifier mon comportement encore plus: je pense que l'émulation a un rôle à jouer.
Réponse 7233926
Quelles seraient pour vous les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier pour vous inciter à changer vos comportements ?
Des retours plus qualitatifs, sur ma consommation d'électricité par exemple, au lieu d'un bête chiffre de nombre de kWh consommés: savoir dans quelle mesure mes efforts seraient dans la moyenne, meilleurs, ou moins bons.
Réponse 7233927
Par rapport à votre mode de chauffage actuel, pensez-vous qu'il existe des solutions alternatives plus écologiques ?
- Oui
Réponse 7233928
Si oui, que faudrait-il faire pour vous convaincre ou vous aider à changer de mode de chauffage ?
Il faudrait déjà convaincre mon propriétaire pour faire faire les travaux… Il faudrait donc un système le mettant dans la boucle.
Réponse 7233929
Avez-vous pour vos déplacements quotidiens la possibilité de recourir à des solutions de mobilité alternatives à la voiture individuelle comme les transports en commun, le covoiturage, l'auto-partage, le transport à la demande, le vélo, etc. ?
- Je n'utilise pas la voiture pour des déplacements quotidiens
Réponse 7233930
Que pourrait faire la France pour faire partager ses choix en matière d'environnement au niveau européen et international ?
Je ne vois guère que les traités, avec éventuellement une taxation à l'importation en fonction du CO2 qu'il a été nécessaire d'émettre à l'étranger pour la fabrication du produit, afin d'aider à parvenir à de tels traités…
Réponse 7233931
Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
C'est l'affaire de tous, mais cela veut aussi dire que chacun doit sentir que les autres sont solidaires de ses propres efforts dans ce domaine, autres y compris donc les émetteurs institutionnels, et ce à travers des mécanismes qui doivent donc présenter des équivalences lisibles. Combien de temps pourra-t'on donc garder deux systèmes (marché carbone et taxe carbone), ou s'abstenir de renégocier les traités qui exonèrent de taxes les carburants utilisés pour le transport international?