Contribution n° 115078
- Consultation
- Grand Débat national
- Auteur
- Auteur #95975
- Date
Réponse 1470481
Quels sont les services publics qui doivent le plus évoluer selon vous ?
La dépendance de nos ainés doit être regardée par analogie comme la dépendance des enfants. La société française considère comme un service public la prise en charge des enfants (école) et doit le faire de la même façon pour les séniors dépendants. Les EHPAD n'ont rien à faire dans le périmètre du secteur hospitalier. Le secteur hospitalier est fait pour les personnes souffrantes qu'il faut soigner. La dépendance des séniors n'est pas une maladie. D'autant plus que rien de permet aujourd'hui de guérir les séniors des différentes maladies qui les rendent dépendants.
Réponse 1470482
Y a-t-il d'autres points sur l'organisation de l'Etat et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
La dépendance des séniors n'est pas une maladie et n'a rien à faire dans le giron du secteur hospitalier. La dépendance des séniors doit devenir un service public au même titre que l'école (enfant = dépendance). Les enfants sortent de la dépendance en vieillissant mais les séniors n'ont aucun espoir d'en sortir. Ils ne peuvent plus rester chez eux en sécurité et ne peuvent pas être mis sous la protection de leurs enfants (lorsqu'ils en ont) qui travaillent. Ils ont des besoins qui ne sont aujourd'hui pas couverts par les services publics ni par l'offre des services à domicile à la personne. Ces besoins relèvent du bien-être, du loisir, de la stimulation des fonctions cognitives, ... Ces besoins ne doivent pas être couverts dans le huis clos d'un domicile par une personne étrangère à la famille, mais dans des lieux collectifs (comme l'école pour les enfants) où la bienveillance du personnel est garantie (comme le personnel dans les écoles pour les enfants). Ces lieux restent à inventer, et les EHPAD ne sont pas la réponse. Aujourd'hui dans les EHPAD il y est question d'hôtellerie, de restauration et de blanchisserie, qui constituent 95% du prix à la charge des familles. Or la mise des enfants sous la responsabilité de l'école (locaux et personnels) n'est pourtant pas payante. Ce doit être la même chose pour les séniors dépendants. Ils doivent être mis sous la responsabilité d'une institution publique dans des locaux et par des personnels pris financés par la société. Comme l'école dispense un enseignement, ces nouveaux services publics doivent répondre aux besoins des séniors. Bien sûr, à la différence de l'école, il n'y aura jamais de retour sur investissement. Comme des bureaux de l'Administration occupés de jour et qui restent vides durant la nuit, ceux-ci seraient occupés par les résidents pour des surcoûts minimes durant la nuit. Donc inutile de prévoir une contrepartie financière. L'augmentation exponentielle du besoin de prise en charge des séniors dépendants modifie considérablement la vison et la réalité des ambitions individuelles et familiales quant à la constitution d'un patrimoine minimal. En effet, être propriétaire de sa seule résidence principale était jusque là un objectif économique certes mais également de progrès afin de transmettre "quelque chose" à ses descendants. Or, le coût des EHPAD annule totalement cette vision car le patrimoine durement constitué ne sert désormais qu'à financer la dépendance. Les parents ne peuvent plus transmettent leur patrimoine à leur descendants. Ils n'auront constitué leur patrimoine que pour financer leurs vieux jours. Seuls ceux dont les parents auront pu aller au-delà de l'acquisition de leur seule résidence principale pourront bénéficier des fruits du travail de leurs parents. A l'inverse, ceux qui n'ont malheureusement pas pu constitué de patrimoine et dont les enfants (s'il y en a) ne peuvent pas financer les EHPAD, peuvent bénéficier des aides sociales par la société et qui ne seront pas récupérées à la succession puisqu'il n'y a pas d'actif. Ainsi, c'est la plus grande majorité qui est concernée par cette inégalité, ceux qui sont propriétaires de leur seule résidence principale et qui ne sera jamais transmise à la descendance. Le coût de la dépendance des parents ne doit pas non plus être à la charge des enfants ni faire l'objet d'aides sociales ou fiscale. Il doit s'agir d'un service public avec des personnels fonctionnaires en nombre suffisants garants de toute la bienveillance qui doit entourer les séniors. Les EHPAD sont aujourd'hui soumis à des considérations financières dans leurs frais de fonctionnement qui ne garantissent pas cette bienveillance. Les personnels ne peuvent pas être passionnés par leur travail avec les salaires qu'ils touchent, ils ne sont pas en nombre suffisant et ne sont employés que pour des missions d'intendance. Quels sont les indicateurs d'une journée réussie en EHPAD ? Y a-t-il quelqu'un qui s'assure que les résidents ont souri voire ri au moins une fois dans la journée ??? Ceci dit, il n'y a pas grand risque que le résident se plaigne de quoi que ce soit lorsqu'il n'est plus en capacité de le faire. C'est pratique mais où est l'humanisme dans tout ça ??? Ma mère est en EHPAD aujourd'hui et j'ai la "chance" de ne plus avoir mon père. Sans quoi nous serions dans l'impasse du financement. Mon père ouvrier, s'est "saigné" pour acheter sa résidence principale et pouvoir la transmettre à ses enfants. Enfin retraité mais fort amoindri, il n'a profité que de 3 ans de retraite donc pas autant qu'il l'avait prévu. Ma mère a eu pendant des années des aides ménagères à domicile, payées au lance pierre, qui l'ont volée de ses bijoux, qui se faisaient passer pour des personnes au grand cœur et qui étaient gérées par une association sans scrupule. Maintenant, au lieu d'être rassurée de la savoir entre de bonnes mains à l'EHPAD, je culpabilise tous les jours, toutes les heures. La directrice ne m'appelle que pour me dire ce qui ne va pas et est incapable de me dire comment elle passe ses journées. Ce n'est pas ce qui l'intéresse et elle n'est pas là pour ça. Elle doit juste diriger une entreprise au moindre coût et en ayant une responsabilité sur la sécurité des résidents, pas sur leur bien-être. Ma mère est encore valide comme 4 ou 5 autres des 60 résidents, ce qui représente une contrainte pour l'EHPAD qui n'a pas assez de personnels pour s'assurer qu'elle ne s'est pas perdue dans le jardin de la résidence ou qu'elle n'est pas en difficulté hors de leur champ de vision. Il est plus confortable pour l'EHPAD d'avoir des résidents en fauteuil roulant, ça c'est clair. Ceux-là sont plus simples à gérer (lever, nourrissage, télé, coucher). Le sens de leur travail n'est pas celui qu'il devrait être !!! En plus le résident paye très cher pour ça et y laisse son patrimoine, le fruit d'une vie de travail ... La connaissance et l'accompagnement quotidien des séniors est un vrai métier qui doit être reconnu autant que celui des professionnels de l'enfance. Une société qui traite ses ainés de la sorte, n'a pas le sens de la reconnaissance envers ces veilles personnes qui ont agit pour elle et qui doivent ensuite payer très cher leur dépendance.