Contribution n° 117884
- Consultation
- Grand Débat national
- Auteur
- Auteur #107070
- Date
Réponse 1501835
Estimez-vous avoir accès aux services publics dont vous avez besoin ?
- Oui
Réponse 1501836
Avez-vous déjà utilisé certaines de ces nouvelles formes de services publics ?
- Non
Réponse 1501837
Connaissez-vous le "droit à l'erreur", c'est-à-dire le droit d'affirmer votre bonne foi lorsque vous faites un erreur dans vos déclarations ?
- Non
Réponse 1501838
Y a-t-il d'autres points sur l'organisation de l'Etat et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
Les accidents, erreurs ou fautes médicales, relayés dans la presse ou ayant fait l’objet de procès, ont pour effet d’orienter les praticiens les plus inquiets, individuellement ou en équipe, vers des choix thérapeutiques "a minima". En effet, les médecins hospitaliers sont, dorénavant et de plus en plus, impliqués dans la « gestion des risques » et la « rédaction de procédures » tous azimuts. S’il était nécessaire de structurer et d’améliorer partout la qualité et la sécurité des soins, l’inflation déraisonnée d’activités chronophages consomment finalement du temps dédié à la mission de soin proprement dite, à l’enseignement, à la formation et à la recherche ; digressions d’autant plus dommageables que leur objectif dévie insidieusement de sa trajectoire initiale, visant davantage à protéger les praticiens et leurs équipes d'un "passage au tribunal" plutôt qu’à assurer le "meilleur service rendu" aux patients. L’idée de « procédure » conduit à une homogénéisation des traitements qui, pour rassurante qu’elle soit a priori, a pour conséquence l’extinction du questionnement et de la réflexion stratégique. Nous le savons, toute une frange de patients présente des tableaux cliniques atypiques ou éloignés des critères d’inclusion dans des essais cliniques. Est-ce toutefois une raison suffisante pour ne pas chercher, tout en restant dans le cadre des connaissances actuelles, un traitement qui leur soit adapté et devra nécessairement s’écarter plus ou moins de la « tranquillité du standard » ? Il faut absolument distinguer les effets secondaires post thérapeutiques, répertoriés, cotés dans des échelles internationales validées et inhérents au traitement, des erreurs ou des fautes médicales, sans oublier qu’un choix thérapeutique a minima, lui aussi peut conduire à la mort prématurée des patients. Car si la mort est le terme naturel d’un certain nombre de pathologies chroniques, elle ne doit pas être prématurée faute de soins optimaux. Dès lors que les équipes seraient jugées non seulement sur les toxicités et séquelles mais aussi sur la survie des patients, il y a fort à penser que l’on changerait de paradigme.