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Cahier de doléances

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Contribution n° 234473

  1. Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

    Proposition non-contributive. Proposition collective pour une société singulièrement projetée. Suite à une réunion ayant eu lieu le 1er mars 2019 et à laquelle 7 personnes ont participé (dont Olivier Meunier, Jordan Guiz, Lucile Ziletti, Robin Birgé, Olivier Crocitti et Sarah Calba), nous avons décidé de mettre en mots l'état de notre réflexion collectivement construite (et singulièrement formulée ci-dessous par 5 d'entre nous ainsi qu'une autre personne, Aline Remen, qui n'était pas présente à la réunion mais qui s'est associée aux échanges qui ont suivis). Nous avons choisi le thème (« démocratie et citoyenneté ») qui nous paraissait le plus propice à notre ambitieuse volonté de "refaire le monde", à notre envie d'imaginer la société dans laquelle nous souhaiterions vivre – ou plutôt celle que nous aurions envie de construire. Dès la première question, nous nous sommes entendus sur le fait que le meilleur moyen de se faire représenter dans la société, c'est – aussi étrange et égoïste que cela puisse paraître... mais tout cela est argumenté par la suite – de se représenter soi-même. Il s'agit donc d'exprimer ses idées lors des débats politiques (tel que celui-ci) et d'essayer de comprendre (pour répondre à) ce qu'il se dit. À partir de là, nous avons décidé d'exprimer chacun singulièrement (avec la volonté d'entrer en dialogue les uns avec les autres) notre idéal de société, plutôt que de répondre aux questions conçues selon une vision de la politique que nous ne partageons pas. Sans accord sur le sens des mots et l'importance des questions, il nous a semblé difficile (voire un peu bête) d'y répondre. Nous avons donc décidé de "sauter" la quasi-totalité des questions pour s'attarder (longuement) sur la dernière... la plus ouverte. Bien sûr, ce texte collectif n'est pas fini, figé : il est une image de notre réflexion qui continuera de s'animer – nous l'espérons – par de nombreuses discussions. *** Jordan Guiz propose : Démocratie et Citoyenneté Note : N’ayant personnellement pas fait de recherches quant à l’étymologie et aux significations du terme « citoyen », je comptais l’utiliser dans ce texte, à la fois par facilité de langage et pour coller au titre proposé par les instigateurs du Grand Débat. Maintenant qu’Olivier a « éclairé ma lanterne » sur ce qu’est un « citoyen », j’utiliserai, en remplacement, le terme de « complice » proposé par Sarah. Si la réalisation de la démocratie implique que les complices ne délèguent pas à des « représentants » le soin de discuter et délibérer des choix politiques [ce qui, comme Lucile et Robin le font remarquer, consiste à déléguer ses responsabilités], mais qu’ils (les complices) sont les plus à-mêmes de se « représenter », cela signifie que chacun d’entre eux doit pouvoir prendre part aux débats, discussions et décisions politiques…et donc, que sa voix soit entendue et prise en compte dans sa singularité. Cette dernière précision a son importance, car des opérations dites de « démocratie participative » existent déjà et se targuent de « donner la parole au peuple » : donner la parole n’est pas suffisant si celle-ci n’est que consultative. (En cela, le Grand Débat semble être une parodie de ce que devrait être une discussion démocratique [et dont Sarah a proposé une vision que je partage].) Une fois posées ces conditions, je vois un problème de taille : celui de l’échelle à laquelle peut se réaliser la démocratie. À l’échelle nationale, il est difficile d’envisager une discussion où les voix singulières de plus de 60 millions de complices soient prises en compte…et il en va de même aux niveaux des régions et des départements actuels. Quelle est la bonne échelle, alors ? Pour tout dire, établir un seuil au-delà duquel la discussion démocratique ne serait plus possible ne me semble pas nécessaire pour l’instant : je considère qu’un tel « seuil » sera décidé après discussion des complices et pourrait varier d’un lieu à l’autre (si dans une ville de 10 000 habitants les complices estiment que leurs voix sont suffisamment prises en compte, alors que dans une autre le seuil à ne pas dépasser est de 500…eh bien soit !). Toujours est-il que cette « bonne échelle », je l’appelle « Commune ». Ce terme n’est pas anodin et, si je le mobilise, c’est que l’idée de s’organiser en « Fédération de Communes » (idée habituellement portée par des écrivains dits « anarchistes ») est ce qui s’approche le plus de mon idéal. Au sein d’une Commune, les complices décideraient de leur organisation politique [qui participe (tous, seulement les adultes, présence aux délibérations obligatoire ou non), selon quelles modalités (vote majoritaire, consensus), etc.], économique [subsistance soumise à condition ou pas, échanges monétarisés ou pas, etc.], juridique, de l’éducation, etc. Bref, ils décideraient des règles communes qu’ils acceptent de suivre. Laisser une telle liberté politique à des groupes restreints de complices aurait sûrement comme conséquence (mais peut-être est-ce une erreur de ma part de le croire) une grande diversité dans le fonctionnement des différentes Communes. Cette diversité pourrait être à la fois source d’opportunités et de dangers. D’opportunités, car il serait possible de choisir un lieu de vie dont l’organisation nous convienne (c’est déjà possible actuellement : on peut aller vivre dans un autre pays si on le souhaite… Mais comparé aux moins de 200 pays actuellement reconnus, l’éventail des choix serait tellement plus vaste avec des milliers de Communes !). Source de dangers aussi, car il faut imaginer des Communes dans lesquelles les complices seraient majoritairement conservateurs, fascistes, nazis, cannibales ou, pire, hippies ! Que faire si des horreurs surviennent dans de telles Communes ? C’est là que je souhaite aborder la question d’éventuels « échelons supérieurs » aux Communes : doivent-ils exister ? Je pense que oui. Déjà, j’aimerais que quelques « grands principes » soient partagés (ne serait-ce que la liberté de circulation sans laquelle les complices ne pourraient pas quitter une Commune pour essayer d’en trouver une qui leur correspond mieux). Mais il y aurait également toute une série de décisions impossibles à prendre à la seule échelle communale : l’organisation des transports et des communications entre Communes, les mesures à prendre pour limiter les pollutions (car les polluants circulent), les échanges scolaires et culturels, la distribution de certaines ressources rares, etc. Et pour ce genre de questions, il me semblerait difficile de faire l’impasse sur une délégation de pouvoir, du fait de l’échelle plus large… Voilà, j’ai décrit une organisation assez floue et globale de ce que j’aimerais voir advenir. Si je ne suis pas entré plus dans les détails, c’est d’une part parce que je m’y suis pris trop tard pour écrire, et d’autre part parce que j’estime que cette structure (aussi naïve, imparfaite et grossière soit-elle) serait suffisante, de par la diversité des Communes, pour que j’y trouve un lieu qui corresponde à mes attentes. *** Lucile Ziletti propose : Tout ça pour une histoire d’Essence La lecture de la lettre d’invitation d’Emmanuel Macron au Grand Débat, m’a été l’occasion d’une curieuse expérience. Je m’y suis vue rencontrer l’imaginaire de la Révolution Française, entre devise patriotique, et nostalgie d’une époque d’émancipation, époque qui, il me semble, ravive bien des espoirs en même tant qu’elle endort de contentement. D’abord, par une invitation à « se souvenir de ce que nous sommes », curieux anachronisme, n’est ce pas ? de se souvenir d’un présent. Alors, en tant que citoyen français, je ne suis pas seulement moi, dans ma singularité, ici et maintenant, mais je porte, j’endosse, l’histoire de mes ancêtres français. Comme si il faisait appel à un inconscient collectif, une psychogénéalogie, un élan venant d’hier, toujours à l’œuvre en chacun des français aujourd’hui. Comme une essence de la Nation Française, que l’on incarne en chacun de nous et qui nous transcende (« La France n’est pas un pays comme les autres », et par la réclamation à la fierté d’être français). Alors bien sûr, non pas l’essence si chèrement revendiquée par le mouvement des Gilets Jaunes qui a animé nos ronds-points tout au long des derniers mois, plutôt cette Essence, presque la quint-essence (comme ce qu’il y a de plus subtil, raffiné, remarquable dans la France), qu’on s’imagine de la Nation Française. Et cette Essence Française aurait un « destin », par définition nécessaire et inéluctable, qu’il nous conviendrait seulement de « partager et décider » . Mais à quel destin rêve Mr Macron ? Le destin « plus prospère et plus juste ». La prospérité, cette notion qui mobilise l’abondance, la richesse, le succès, la réussite des affaires, l’essor économique. Au prix d’un « projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace ». Alors, lorsqu’à l’occasion d’une autre invitation à faire le constat de la pérennité de la devise nationale, on est en droit de se demander si l’anachronisme pointé plus haut, ne vient pas donner une consonance différente à la liberté, à l’égalité et à la fraternité réclamée et revendiquée ici. Dans la société prospère de Mr Macron, l’individu-citoyen français existe par son aptitude au travail et sa capacité à participer à la prospérité, à l’enrichissement, à la croissance dite commune. En marche, il fournit « l’effort » nécessaire du dur labeur, évite « les aléas de la vie comme le chômage » et s’épuise pour devenir un de ces redevables retraités. Nous inviter alors à faire vivre cette Révolution, semble pouvoir laisser rêver à ces changements opérés par le passé (et dans le passé seulement), tout en rassurant de la capacité de pouvoir encore les faire… Comme bercée de cet apaisement de savoir ce qui a pu être - et qui pourrait encore être, dans la croyance en cette Essence qui garde la flamme, j’en ai presque oublié que les révolutions sont bien destinées (elles) à cette fin (funeste?) du tour accompli. Quant à recommencer, oui, mais il s’agirait de faire autrement. *** Robin Birgé propose : Les questions qui nous ont été proposées me semblent totalement orientées. Je ne vois aucun problème à cela, bien au contraire, mais nous devons alors nous poser la question de ce qui oriente ces questions afin de nous positionner, de juger cette orientation, cette vision du monde. [Par ailleurs cette idée de tout voir comme idéologiquement orienté est notamment investi par la proposition de Lucile qui critique un monde où le diesel précède l’existence.] La lettre du président de la république Macron qui introduit le Grand Débat nous expose des indices de ce monde [ce qui fait grandement écho à la proposition de Lucile qui, à sa manière, expose un monde réactionnaire tournée vers un passé fantasmé]. Il s’agit par exemple de réduire des inégalités de naissance par l’éducation, ce qui est une bonne chose. Les inégalités matérielles quant à elles, bien qu’elles doivent être réduites, sont implicitement posées là comme inéluctables : il s’agit de payer des impôts, pour certains un impôt « lourd », mais le sujet n’est pas de remettre en question la source ou la qualité des inégalités. Une inégalité manifeste, les écarts de salaires, sont implicitement légitimités par la valeur marchande du travail. Et sur le marché, par définition, une heure de travail n’équivaut pas à une autre heure de travail en raison du jeu de l’offre et de la demande. C’est tout ce jeu sous-jacent qui semble ici naturalisé car non réinterrogé. [Je partage d’ailleurs la déconstruction de la naturalisation des autres « complices » – terme employé par Sarah pour désigner les personnes travaillant à construire cette société idéale « coélitaire ». La critique d’Olivier porte entre autre sur la mobilisation du réel dans les discours, l’appel à « la vraie vie » par une interprétation singulière des lectures de contributions « excrémentales » au grand débat. La critique de Sarah porte sur la naturalité, la normalité (au sens quasi-statistique du terme) et les habitudes non questionnées qui mettent en péril toute possibilité de dialogue critique a des fins de construction d’un monde commun. Elle oppose – ou plutôt propose – à cela la construction, la croyance, l’idéologie, les rapports symboliques seuls à même de donner du sens à une construction.] Le citoyen est, toujours dans la lettre, d’abord (dès le premier paragraphe) un travailleur (ceux qui « financent les pensions des retraités ») avant d’être un citoyen « libre », libre de penser (♫liberté♫que♫vous♫n’aurez♫pas♫) et de s’exprimer qui se traduit notamment en démocratie par « le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre. ». Le citoyen doit fournir un effort de travail, « réussir » (on imagine "réussir sa vie", donc la gagner) par ce travail (« une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail. »), et déléguer ses choix de gouvernance à d’autres. Le président explicite ensuite son projet de société : « rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre […]. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. ». Il y aurait beaucoup de choses à dire, mais si je me focalise sur le fil conducteur de l’argumentation il s’agit de concevoir le citoyen comme un travailleur qui doit produire de la richesse à partager ; le projet pour réduire les inégalités résiderait donc dans l’augmentation de l’efficacité de ce monde à tous les niveaux, afin d’augmenter les richesses à partager. Je nomme cette idéologie (au sens de système d’idées) de régime capitaliste néolibéral, qui pense les citoyens comme des agents qui maximisent leur bien-être. Par leur liberté d’entreprendre, l’agent participe à un effort collectif d’augmentation d’un capital à partager selon un idéal égalitaire qui, par définition et du fait de la logique même de ce système (une efficacité liée à la mise en concurrence), ne se réalise jamais. [La critique de l’agent que je fait ici fait écho au texte d’Olivier par sa critique de la con-tribution, du contribuable dans une société dont l’idéologie est (in)justement le « politique non idéologique, mais gestionnarial ».] Les questions du grand débat semblent portées sur cette petite dimension pratico-technique du "plus ou moins égalitaire" qui semble bien s’incarner dans le choix des thématiques puis dans ses déclinaisons par questions. Je la qualifie de "pratico-technique" car il n’est question que de partage de richesses (on traite la con-tribution, comme le partage des richesses), mais jamais de jugement sur les projets de chacun qui ne regardent que chacun. À force de délaisser les projets de chacun à chacun, le projet collectif ne se réduit qu’à la gestion technique de ses projets. *** Lucile Ziletti et Robin Birgé proposent : Des-mots-cratie Si la démocratie est le régime, étymologiquement, donnant le pouvoir au peuple, nous avons évoqué plus haut combien le régime démocratique en place nous semblait amaigrissant en terme d’individualité, et aussi, en terme de collectivité, au sens de l’intérêt à-porter au collectif. Ne souhaitant pas tomber dans la caricature maintes fois vue et revue de l’obèse consumériste, il nous apparaît cependant que l’accumulation de richesses – relevant du même processus que l’amas de con-tributions [qu’Olivier soulève] – constitue un régime pour le moins déséquilibré, menant parfois à une forme d’obésité que nous déplorons d’autant plus. Déséquilibré en ce sens qu’il serait comme fondé par une mono-diète monétaire, enrichissant seulement la bourse (ou l’accumulation de plaisirs) et laissant à part toute question de co-constructions du monde, ou plus précisément de nos mondes singuliers. Le régime que nous préconisons, notre régime idéal, est un régime des-mots-cratique. Celui qui s’appuie sur les mots. Suffisamment de mots échangés, entendus, compris, incorporés, manipulés, transformés, ré-actualisés, mais aussi de mots désapprouvés ou rejetés ; des mots, mais en nombre suffisant (quand bien même ce n’est pas une question quantitative), pour qu’ils donnent lieu à la création d’un espace de compréhension. Ainsi, il s’agirait d’un régime dont l’ingrédient principal, les vivres, les aliments de base, seraient les mots (notez qu’aliment vient du latin alo, qui fait référence au développement et à l’élévation). Et, par l’échange de ces mots, par la discussion [dont l’éthique est longuement développée dans le texte de Sarah] qui permettrait la com-préhension, le fait de prendre ensemble, et donc, de co-construire ensemble nos mondes singuliers. Et ceci, même dans les situations où la discussion donnerait lieu à la friction, même dans ce cas, cela ne constituerait pas un régime des-maux-cratique. C’est dans l’altérité, ou [comme également énoncé par nos complices] dans l’altération au contact de l’altérité, que la singularité s’exprime, se façonne voire se fortifie. La volonté de com-préhension, même lorsqu’elle donne lieu à désaccord, n’en reste pas moins constructive à notre sens. Dans ce régime, les mots permettent la transformation des incompréhensions en vivres – que l’issue soit ‘en accord’ ou ‘en désaccord’, que la tentative de com-préhension soit sous forme de réunions ou de heurts - et ainsi permettent la poursuite, la ré-actualisation de la co-construction de nos mondes singuliers. Il s’agit donc bien d’une des-mots-cratie démo-nstrative (et nous manipulons d’un appétit sans fin les mots et leurs racines), où il ne s’agirait aucunement de démonstration de l’opulence de denrées alimentaires, mais de démo-nstrations par l’argumentation de propositions singulières en confrontation dialogique. Il nous semble tout à fait dommageable de ne pas concevoir le citoyen avant tout comme une personne ayant des désirs, des aspirations, une envie d’un monde à construire avec d’autres qui ont tout autant de désirs, d'aspirations, et cette même envie de construire avec d’autres. [Nous rejoignons d’ailleurs les doutes émis par Jordan quant au terme « citoyen », et nous partageons la critique faite par Olivier. Le « citoyen » est difficilement concevable en dehors d’un modèle politique Républicain que nous critiquons justement, à l’instar de Jordan qui propose par ses agencements de « Communes », des possibilités de sociétés « non-républicaines », non pas dans le sens « non-démocratiques », mais en tout cas en dehors d’un système représentatif particulier organisé en chambres (etc), celui hérité par exemple de la Rome antique. « République » n’est pas synonime de démocratie (pensons à la République populaire de Chine par exemple qui ne semble pas être un modèle de démocratie à nos yeux).] C’est pour cette raison que la singularité est un moyen et une finalité : à la fois une nécessité dans l’élaboration d’un projet collectif par confrontations des visions de chacun pour construire une entente commune (ce qui en fait également un projet singulier), et à la fois une finalité dans la mesure où cette confrontation permet l’amélioration (par l’effet d’une altération caractérisée de manipulatoire comme l’a démontré Sarah, dont il résulte forcément une transformation) des conceptions de chacun permettant l’épanouissement individuel. C’est pour cette raison (l’accent sur la singularité) que les personnes ne peuvent se représenter qu’elles-mêmes. C’est en tout cas le monde que nous souhaitons et cela engage une toute autre conception du vivre ensemble que la démocratie représentative qui confond représentation (qui ne peut être que singulière) et représentativité (valeur statistique, qui nous fait penser qu’une personne qui me représente porte ma parole ; pour nous il s’agit d’une délégation des responsabilités). Ainsi chaque citoyen doit travailler non pas à gagner sa vie, mais à construire le meilleur des mondes avec les autres, et cela passe par le travail de représentation, d’exposition singulière de sa pensée. Il s’agit pour nous de se rendre responsables en donnant du sens, de politiser nos vies ! [Jordan d’ailleurs semble partir de cette critique de la démocratie représentative – critique que nous avons tous formulée collectivement – comme point de départ de son argumentation.] Et manifestement, le monde tel qu’il nous est exposé dans la lettre de monsieur Macron ne nous convient pas. Il nous paraît discutable, oui, mais incompatible avec le nôtre. Nous posons alors cette question : si nous souhaitons discuter avec tous, peut-on construire avec tous ? Nous pensons que oui si cette volonté de construire est partagée, mais elle ne paraît pas l’être. [Ce que souligne Olivier à la lecture de contribution au Grand Débat – il semblerait que nous partageons le même dégoût des exposés « excrémentiels » dont il construit une interprétation singulièrement critique] En France, n’est pas citoyen qui veut (un étranger voulant construire avec "nous" n’est pas vraiment écouté, voir pour certains rejetés à priori – c’est d’ailleurs l’une préoccupation de ce thème : « l’intégration »), et on peut même l’être sans le demander (né sur le territoire ou de parents français) et ainsi faire partie sans le choisir d’un projet commun quand bien même cette personne pourrait ne pas avoir de projet, ou ne pas vouloir construire collectivement. Le citoyen (surtout) réduit à un agent ainsi que l’absence de désir de construction au centre de la démocratie nous semble incompatible avec un projet de construction ou chacun existerait par son désir de construire un monde. Cela nous conduit à cette idée que la nation française aujourd’hui conjugue un espace – un territoire intellectuel régit par le néolibéralisme et aussi un territoire géographique – et un temps – la temporalité des loisirs et du travail lucratif, ainsi que la délégation du temps de gouvernance à certains par le vote en démocratie représentative – trop tolérante/irénique (qui respecte trop les opinions de tous) dont l’impensé est la construction par la confrontation des singularités car ces singularités sont conçues comme ne regardant que les individus, comme subjectives. Cette subjectivité n’est appelée à être mobilisée quasiment qu’aux seuls moments des différentes élections par le vote, ce qui conduit dans un système représentatif à de nombreuses compromissions. Ce qui permet à un état libéral de faire coexister dans un même pays à la fois des progressistes, des conservateurs, des écologistes, des lobbyistes, des révolutionnaires d’extrême gauche et d’extrême droite… bref, des "communautés" qui peuvent discuter, mais à priori pas construire le même monde. Ces visions du monde sont reléguées au quotidien tantôt dans des folklores, au mieux dans des débats politiques, ou au pire reléguées au rang "d’opinions individuelles" qui finalement ne concernent que les individus, logées dans leur subjectivité. Mais confronter les projets des uns et des autres, c’est juger, réactualiser le(s) projet(s), empiéter sur le territoire de l’autre, discriminer. [Ce point semble être partagé avec Sarah et Olivier qui exposent tous deux leur désir d’une société où la construction collective passe par le dialogue, la confrontation par l’altération des points de vue singuliers et critiques.] En d’autres termes, pour que les singularités se confrontent, il faut penser non pas l’égalité, mais les inégalités [ce qu’expose Sarah à sa manière dans son texte]. La conception d’une justice « égalitaire » est souvent entendue comme l'idée que chacun doit avoir les mêmes besoins sans empiéter sur ceux des autres. En somme un espace égalitaire confond les singularités, un agent doit être semblable à un autre dans la mesure où il est, justement, mesurable par une catégorie socio-professionnelle, un quotient familial, une fiche d’impôt, etc.. Une société qui conçoit ses membres comme des agents, ou des individus porteurs de subjectivité, nous la nommons société individualiste. Nous pensons au contraire que le besoin est relatif aux projets de chacun, et si le collectif doit certainement aider un maximum tout un chacun qui a le désir de construction collective (tel que nous le définissons), les projets singuliers nécessitant un soutien important (construire une école, écrire un livre et le diffuser, proposer une sculpture dans l’espace public, etc.) devraient réunir le collectif et engager des débats définissant un possible soutien (et ses modalités). Nous proposons donc une société de personnes acteurs de projections (des projets), une société singulariste. Une société qui regroupe des personnes confrontant leurs propres singularités pour toujours chercher le meilleur pour chacun (et les projets de chacun concernent tout un chacun) ne peut fonctionner qu’avec des personnes souhaitant partager ce projet. C’est pour cette raison que, et là on va le dire trop vite parce que nous sommes pris par le temps, l’entité "Etat Français" doit être "divisé" d’une manière ou d’une autre…[Pris par le temps – enfin, le temps ne prend rien, c’est nous qui n’avons pas pris le temps, ou pas assez de temps – nous n’avons pas su apporter toutes les précisions nécessaires à ce que notre discrimination implique - ou n’implique pas. Fort heureusement pour nous, Olivier s’est chargé de critiquer les travers du communautarisme qui, paradoxalement (à priori), semble la norme dans une société libérale tolérante qui ne souhaite surtout pas discrimer les idéologies indiviuelles. Nous rejoignons ainsi sa critique du « corporatisme », des « tribus », de ce monde de la « réclame ». Si nous avions prolongé notre proposition, nous aurions quant à nous critiqué la notion de « groupes concernés » très en vogue – comme si dans une discussion politique démocratique certaines communautés seraient plus concernées par un sujet qu’un autre car il en serait plus "directement" en proie. Nous n’y croyons pas : dans notre société idéale, ce qui est discuté collectivement concerne tout un chacun. C’est pour cela que nous affirmons un désaccord avec ce que sous-entendais un texte de nos complices qui a été retiré (nous laissons tout de même notre réponse car elle nous a permis de préciser notre propos, bien qu’incomplet). Nous sommes tout autant offusqués qu’elle par les discriminations sexuées, genrées, ethniques etc. qui sont malheureusement criantes. Mais nous pensons qu’un moyen de s’en sortir, ou plutôt d’en sortir, serait justement de ne plus faire vivre ces catégories en changeant entièrement notre manière de voir. Nous ne voulons pas moins de SDF dans les rues, car dans notre société idéale le concept même de SD n’aurait pas de sens (nous l’avons dit : le collectif soutien les projets singuliers). Nous ne voulons certainement pas professionnaliser la prostitution car nous ne serions ni dans un système lucratif (le concept même de lucratif n’existerait pas car un projet serait toujours une réalisation idéologique en dehors d’une recherche de capitalisation), et certainement pas dans un système de "pro’" (lié au lucratif et à l’expert). Peut-être que lors de débats sur la légalisation de la prostitution, lors d’un vote à l’assemblée, demain peut-être, nous aurions un autre avis, mais parce que la question pour nous serait (toujours peut-être) non plus de construire une société idéale, mais de faire au moins pire – et alors peut-être que le moins pire serait une professionnalisation de la prostitution, mais nous ne serions franchement pas y répondre sans embarras. Il n’y aurait pas non plus de Président, quand bien même ce serait le plus sympatoche du monde, car c’est l’incarnation même de la centralisation du pouvoir que nous critiquons. Nous ne voulons pas comme idéologie "prendre soin des autres" car notre intérêt porte sur "pourquoi et comment construire avec ceux qui le veulent ?" (même si l’accès aux soins serait à penser collectivement !). Dit autrement, nous n’avons pas spécialement envie d’aider la Commune nazie ou cannibale tel que l’imagine Jordan, car nous ne sommes pas spécialement tolérants, ou plutôt nous sommes spécialement intolérants. Ceci dit, ceci dit… nous ne voulons pas une société de la méchanceté, le méchant tel que défini par Olivier comme celui qui choisi mal. Et parmi toutes les Communes jordanesques qu’il pourrait exister, nous en proposons une dont l’idéologie discriminerait en fonction de l’intérêt, et le nôtre serait la compréhension des projets singuliers des autres pour les transformer et qu’ils nous transforment. Dans ce sens, notre société aurait des complices qui seraient tout à fait bienveillants à la compréhension des singularités ! Ainsi, notre société idéale est discriminante, mais anti-communautarisme dans le sens où personne n’est exclu car il ne serait pas concerné à priori par ses origines, sa naissance, son pouvoir d’achat ou le fait qu’il soit concerné ; il "suffit" (et c’est énorme) d’exprimer sa volonté de faire société. Avant de commencer l’écriture de cette proposition commune (Lucile et Robin), nous avons d’ailleurs eu de longues discussions sur les dimensions (en termes quasi quantitatifs : démographiques, territoriales, etc.) limites d’une société pour pouvoir répondre à nos exigences de notre éthique de la discussion, tel qu’exposé dans le texte de Sarah que nous partageons. Nous avons été agréablement surpris à la réception du texte de Jordan qui a endossé la tâche de prendre à cœur cette question. D’ailleurs, Jordan répond à la question par l’idée qu’elle n’est pas à résoudre : c’est au Communes aux idéologies singulières de décider quel serait l’échelle adéquate à son idéologie partagée. D’ailleurs si nous partageons ses réflexions, nous avons envie d’en savoir plus : dans ce monde agencé en Communes, laquelle serait celle de ses rêves ? Par exemple, nous l’imaginons mal vivre dans une communauté de « cannibales ». Déjà parce que n’ayant jamais goûté Jordan nous ne sommes pas tout à fait certains qu’il soit comestible (et ce n’est pas notre régime démocratique….), ce qui lui donnerait dans ce cas un avantage évolutif considérable et terriblement injuste – mais comme nous considérons le point de vue évolutionniste en politique totalement injuste de part son réductionnisme biologisant, cela nous importe finalement assez peu.] *** Sarah Calba propose : Une société (de complices) coélitaire [singulariste et dialogique... donc amendée par la lecture des propositions de société idéale] Ayant choisi (avec quelques complices) le thème « Démocratie et citoyenneté » pour participer à ce grand débat national, il va sans dire que c'est sur le choix d'une organisation politique particulière (nommée démocratie [et même démocratie républicaine... mais notre réflexion collective m'a donné envie, je crois, de la nommer autrement, ce que nous avons les uns et les autres essayé de faire par différents types de jeux de langage]) et à propos du rôle des individus au sein de cette organisation collectivement définie que je vais essayer d'exposer [« singulièrement » pour reprendre le terme utilisé par mes complices et que je partage tout à fait] mes idées, mes aspirations, mes envies... et déjà, j'aurais envie de revenir sur cette expression : "il va sans dire". Utilisée ici par habitude, c'est-à-dire en suivant les manières de faire que je crois majoritairement partagées (donc compréhensibles par le plus grand nombre de personnes), je crois vouloir m'en détacher, ou mieux encore : la contredire. Car s'il est habituel de penser que certaines choses peuvent être entendues sans qu'elles ne soient dites, sans que d'une manière ou d'une autre "ces choses" soient exprimées, pour ma part... je n'en crois rien. Je crois que ce que je crois être une habitude ou une chose normale, ce que je crois être la démocratie, la citoyenneté, ma société ou encore les « questions essentielles » de mes concitoyens (puisque c'est sur ce sujet que le gouvernement nous propose de débattre) ne sont pas des choses sur lesquelles on s'entend. À titre d'exemple, les questions proposées dans le formulaire lié à notre thème et qui sont supposées nous guider dans la rédaction de notre contribution, sont loin de me paraître "essentielles" (de même que le choix d'autres thèmes tels que « la fiscalité et les dépenses publiques »). Je serais sans doute incapable de dire ce qu'est une « question essentielle » pour moi tant j'éprouve de l'aversion pour l'essence, pour ce qui existerait "par nature", dépouillé de tous ses développements, accessoires et artifices idéologiques. Je crois que l'idée d'essence – tout comme celle de nature – met en péril le travail politique puisqu'elle suppose que certaines choses (essentielles ou naturelles) ne peuvent pas être remises en question, qu'elles ne peuvent pas être intentionnellement transformées. [En cela, je comprends tout à fait la critique formulée par Lucile à l'encontre du discours présidentiel (qui nous accueille sur la première page du site internet où se joue le grand débat).] Dès lors, les croyances que je déclare avec beaucoup de certitude depuis le début de ce texte (tout comme celles qui vont suivre) sont à comprendre non comme des affirmations péremptoires mais comme déclarations d'intentions : elles sont un moyen de donner à comprendre mes choix intellectuels, et du même coup le sens de mes actes. Bien sûr, c'est ce que j'ai choisi de croire pour le moment, mais cela peut changer si nous en discutons et si, au cours de la discussion (avec un peu de persévérance car motivés par le désir de mieux nous comprendre), nous parvenons à construire de bonnes idées. Mais cela n'ira pas sans mots ou sans signes... autrement dit, cela n'ira pas "sans dire". Alors... comment dire ? Comment dire ici tout ce qui me pose problème dans notre vie politique actuelle ? Comment dire en quelques lignes la société à laquelle j'aspire ? Avec beaucoup de doutes, d'imprécisions et de maladresses... voilà pourquoi je compte sur vous (mais sans calcul : j'essayerai de prévenir autant que je peux les incompréhensions) pour m'en faire la critique ! Une critique d'autant plus justifiée qu'une société réalisée selon les désirs d'une seule personne, cela ne me semble pas avoir beaucoup de sens... [Bien sûr, ce travail critique a déjà commencé et va se poursuivre. Ce texte commun n'est qu'une première étape (enfin... l'une des premières étapes car notre complicité se fonde déjà sur de multiples discussions).] Voilà peut-être un bon point de départ (qui, ne soyez pas dupes, constitue bien l'aboutissement de ma réflexion sur le sujet) : l'organisation politique que je désire est fondée sur l'idée que toute prise de décision doit être réalisée en collectif et cela inclut tout le travail de réflexion qui aura finalement permis sa formulation particulière. Cette idée fait donc de la discussion l'une des activités principales, et peut-être même la seule activité absolument nécessaire – ou plutôt nécessairement souhaitée par tous – pour faire société. Mais la discussion est déjà une activité indispensable au fonctionnement de notre démocratie me direz-vous... Sauf qu'il est possible de ne pas y prendre part (autrement, il est possible de ne pas avoir envie de travailler à construire un projet politique commun) et inversement, certains qui voudraient y prendre part peuvent éventuellement en être exclus (parce qu'ils ne sont pas élus par exemple). Je crois donc que la discussion – autrement dit la mise en commun de nos idées pour construire ensemble celles qui nous enthousiasment le plus – est loin d'être le cœur du projet politique actuel mené par le gouvernement français. Bien sûr, l'idée même de discussion mériterait, en tant qu'activité principale de cette société idéale, d'être un peu mieux définie. Je doute du fait que la seule invocation du mot ferait l'affaire pour nous comprendre... car des conceptions de la discussion, il en est plus d'une. Ainsi, la discussion telle que je la conçois n'est pas une conversation (c'est-à-dire un échange de propos qui "verseraient" dans le même sens) ou un entretien (un échange qui ne ferait qu'entretenir des idées préalablement pensées). Ce n'est pas un échange serein, apaisé, pacifié, fondé sur la tolérance et le respect des interlocuteurs. [Et la manière dont nous nous exprimons ici (dans chacune des répliques qui composent ce dialogue faisant office de proposition commune) en démontre : nous essayons de manifester nos incompréhensions et nos désaccords.] Mais rassurez-vous : ce n'est pas non plus une joute ou un pugilat. La discussion que j'envisage est un échange contradictoire, c'est-à-dire un moment (inconfortable) où l'on se retrouve confronté aux envies et idées de ceux construisant aussi leur pensée, mais selon d'autres règles, d'autres habitudes, d'autres convictions, d'autres expériences. Dans ces moments, on est parfois mal interprété... ou bien on se fait mal comprendre (si l'on choisit d'en partager la responsabilité). D'ailleurs, on ne comprend pas non plus (ou pas totalement) les arguments des autres, mais on les interprète et on les juge malgré tout à l'aide et en comparaison de nos propres constructions intellectuelles. Ce qui est tout à la fois déstabilisant et motivant... et potentiellement transformateur pour qui sait maîtriser les tensions et l'intensité du débat. Il est vrai qu'une discussion ne se fait pas sans quelques éclats de voix, de rire, de génie (au sens du facétieux concepteur plutôt que du géniteur naturel) mais aussi de nos constructions antérieures qui ne sortiront pas totalement indemnes de cette mise à l'épreuve discursive. En ce sens, l'étymologie du terme discuter (du latin discutere « faire tomber en secouant, fracasser, détacher ») tout comme celle de disputer (du latin disputare « nettoyer », d'où « mettre au net après examen et discussion ») semblent tout à fait appropriée : après avoir fracassé quelques unes de nos idées antérieures, il faut bien nettoyer un peu... panser et repenser ensemble ce qu'il reste par la reformulation ou le réagencement des idées. Voilà pourquoi ma conception de la discussion n'est ni tolérante (je crois qu'il ne faut pas supporter ce que l'on n'approuve pas sans rien dire, sans essayer de se comprendre autrement) ni respectueuse (il ne faut pas vouloir se préserver, se conserver, rester soi-même). Si la discussion est une confrontation à l'autre (alter), une "altération", il ne faut pas avoir peur d'être malmené, de voir son intégrité intellectuelle (au sens de l'ensemble des idées que l'on incarne à un moment donné) mise en péril... Car si l'on discute, c'est certes pour agir sur le monde et les autres, mais c'est aussi pour se transformer soi-même. Ainsi conçue, la discussion est une manière de manifester son intérêt pour les autres – pour leurs idées, leurs envies, leurs manières de faire, mais aussi avec le souci de faire attention à ce que les autres pensent de nous, de nos idées, de nos envies, de nos manières de faire... qui engagent parfois des interprétations très éloignées de nos intentions – donc de manifester son désir de faire société. De plus, elle permet de construire des idées communes (à travers la formation d'un langage commun) à partir desquelles nous pouvons nous comprendre, penser et vivre collectivement. À travers cette définition de la discussion, je pense avoir exprimé mon point de vue concernant le fonctionnement institutionnel de la société que je désire. Les seules institutions que je projette ici devraient avoir pour rôle d'organiser la discussion (qui permet la prise de décisions collectivement formulées). [Sur ce point précis – le rôle fondamental de la discussion pour faire société – je pense être totalement d'accord avec Jordan, Lucile, Robin et Olivier... ce qu'ils auront chacun exprimé singulièrement, en y apportant d'autres précisions qui paradoxalement (et sans doute que l'idée d'être para- donc « un peu à côté » de l'opinion actuellement dominante nous plaît bien !) épaississent notre définition commune. En cela, la société à laquelle nous aspirons collectivement pour être qualifiée de dialogique (elle fonctionne par le dialogue).] Bien sûr, d'autres institutions pourront être pensées et décidées collectivement. Sans surprise, la société que j'imagine n'est pas une démocratie représentative. [La critique de la représentativité était d'ailleurs le point de départ de notre réflexion collective : à la première question du thème « démocratie et citoyenneté » nous demandant « En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ? », nous avions tous affirmé que le meilleur moyen de donner à comprendre ses idées aux autres, c'est de participer effectivement aux débats visant à poser les problèmes et imaginer des réponses. D'autant plus que ce travail permet de construire ses idées et de mieux comprendre celles des autres.] Dans cette organisation idéale, le pouvoir émanerait de chaque individu (en effet, chacun est considéré comme entièrement responsable de ses choix : il a toujours le pouvoir de proposer, de contredire, de s'extraire, etc.) donc, indissociablement, du collectif formé par ces individus. Le pouvoir dont il est question ici ne peut se réduire aux conceptions que je crois habituelles (qui se confondent trop souvent avec des fonctions politiques, des moyens financiers et/ou des capacités d'influence plus ou moins douteuses). Il désigne bien plutôt le libre arbitre, autrement dit le pouvoir de faire des choix intentionnels [ce dont je crois chaque individu capable, quand bien même certains voudraient parfois y voir le simple résultat de manipulations malhonnêtes rendant certains individus intellectuellement soumis à d'autres... D'une part, je suis convaincue que tout acte, toute parole est une manipulation, autrement dit un moyen de saisir le monde et de le mettre en forme singulièrement. Les gens manipulent des idées, des discours, des objets... et cela me paraît être une bonne chose. D'autre part, je suis également convaincue que nos choix dépendent d'un contexte et qu'ainsi, si l'on change le contexte (par exemple, ce que l'on sait d'une personne), nos choix pourraient être différents. Cela ne veut pas dire que nous n'avons pas eu le choix ou que nous ne sommes pas complètement responsable de nos choix. Car si l'on ne se sent pas responsable, cela veut dire qu'on ne peut rien y faire, on ne peut pas transformer les choses... et rien ne me semble plus triste. Enfin, en étant attentif aux singularités (donc aux manières et aux intentions des autres), il est possible d'avoir de multiples interprétations contradictoires d'une même situation. Ce qui est malhonnête pour les uns peut être naturel pour les autres (ou encore contre-naturel... ce qui choquera d'autres personnes encore). Seule une tentative de compréhension – autrement dit une discussion où chacun est considéré comme une personne qui pense différemment et qui est responsable de ses choix – peut transformer cela.] Quand bien même les choix qui se présentent à nous sont différents (et je crois que cela est toujours le cas, quand bien même la sociologie normale voudrait nous assigner une classe de choix, et par conséquent un certain pouvoir de classe sociale), nous avons toujours le choix. Cela étant dit, il me faut maintenant réfléchir aux manières dont ce pouvoir devrait être exercé. Ayant pris soin de décrire la discussion comme une activité fondamentale, qui permet non seulement de prendre des décisions mais également de formuler particulièrement ces décisions à travers la construction d'idées communes... je pense que je ne peux pas me satisfaire du vote. Surtout tel qu'il est conçu aujourd'hui. Le vote permet, certes, de récolter l'avis de ce qui auront bien voulu participer... mais quelque part c'est un procédé qui "va s'en dire". Autrement dit, nous ne savons rien des raisons qui ont motivé ce choix. Personne ne sait rien, si ce n'est ce que l'on sait déjà : à savoir ce que l'on pense soi-même (et éventuellement, ce que pensent les personnes qui auront formulé des propositions). Or pour moi, faire de la politique, c'est exprimer ses idées et essayer de comprendre celles des autres, c'est savoir ce que nous pensons et pourquoi nous pensons ainsi. Dès lors, seule une décision unanime – c'est-à-dire celle dont la formulation convient à tous – me semble désirable. Et le vote ne paraît pas être un bon moyen pour réaliser cela : le vote, qui engage la définition d'un ou plusieurs seuils pour délibérer ("à la majorité" ou "à la proportionnelle" par exemple), ouvre la possibilité à certains d'être en désaccord avec la décision collective... et se désintéresser du travail politique. Sans doute que ma proposition (visant à mettre tout le monde d'accord à propos de quelque chose à un moment donné) est difficile à mettre en œuvre... mais je crois que je pourrais, ou plutôt que je voudrais passer ma vie à réaliser cela : une organisation cohérente, collectivement définie, que chacun aurait envie de faire exister, de complexifier en fonction des nouveaux problèmes, des nouvelles envies... avec des personnes qui ne seraient plus des concitoyens mais des complices (car pris dans la même définition complexe du monde, partageant certains idées qui se tissent et se plissent à chaque nouvelle discussion pour former de nouveaux motifs... de nouvelles manières de nous projeter ensemble et de rendre le monde un peu plus beau). Peut-être que la société dont je rêve ici – tout comme ses participants, les complices – pourrait être qualifiée de coélitaire puisqu'elle serait formée de ceux qui veulent décider ensemble (co-élire) par la co-construction de leur pensée. Voilà en quelques mots le « rôle » que j'aurais envie d'attribuer aux citoyens – devenus complices coélitaires – de ma société rêvée. [Sans doute que ce rôle engage (tout du moins d'après moi) la plus grande liberté qui soit pour les individus composant cette société puisque la liberté est postulée pour tous : chacun est libre (donc totalement responsable) de ses choix. En cela, je ne contredis pas la première des trois valeurs de notre devise républicaine : « liberté, égalité, fraternité »... en revanche, dans la fin de ce texte, je vais tenter de contredire les deux autres. Si je crois que les individus sont libres de leurs décisions (attention, cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas des contraintes que l'on s'impose) et que la société devrait, dans sa réalisation, soutenir et développer cette idée, je ne crois pas que les individus soient égaux et je ne désire pas qu'ils le soient. Comme Lucile et Robin l'ont exprimé, je crois que mon intérêt pour la singularité (autrement dit, ce qui fait qu'un individu n'est pas le même qu'un autre... ce qui fait qu'il est particulièrement intéressant) contredit le principe d'égalité. En effet, si les individus sont considérés comme singuliers, cela veut dire qu'ils n'ont pas exactement les mêmes idées, les mêmes envies, les mêmes besoins... il n'est donc pas nécessaire de tenter d'égaliser (donc quelque part d'uniformiser, de normaliser) nos modes de vie. Bien sûr, cette tentative d'égalisation est systématiquement contredite par d'autres logiques (par exemple celle visant à nous rendre plus productifs par une mise en concurrence, ou celle visant à partager et gouverner la société en classes sociales "normales") mais aussi par le fait que les personnes apprécient leur singularité. En effet, il me semble que presque toutes les contre-utopies (données à voir par différents types de productions culturelles... à commencer par la littérature, le cinéma et la télévision) engagent la crainte d'une uniformisation des individus, d'une aliénation. Bien sûr, d'une certaine manière, je crois en l'égalité des individus (ou plutôt je la postule) lorsque j'affirme que tous ont le même pouvoir : le pouvoir de choisir, à chaque instant et en fonction d'un certain contexte. Mais cette égalité-là ne permet pas une critique fondée sur la dénonciation d'inégalités car, de ce fait, l'inégalité n'existe plus. En revanche, les différences existent. Mais celles-ci ne peuvent être simplement réduites à des équations. De même, les problèmes que nous pouvons avoir avec le mode de vie de certaines personnes ne peuvent être simplement pensés et exprimés en termes d'inégalités (de richesse par exemple, ou de tout autre capital) : il devient alors nécessaire d'exprimer ses jugements de goût et les problèmes que ce mode de vie engage d'après nous. Ainsi, à l'inverse du principe d'égalité (qui me semble engager une certaine forme de normalité), j'aimerais proposer un principe d'étrangéisation pour cette nouvelle société coélitaire, singulariste et dialogique qui pourrait se formuler ainsi : la seule norme souhaitable pour les complices de cette société serait le fait de vouloir toujours remettre en question les manières de faire et de penser habituelles que l'on juge problématiques afin d'y proposer collectivement une réponse singulière. En suivant cette volonté de se rendre étranger afin de permettre la réflexion, la critique, le dialogue et finalement la transformation positive, je souhaiterais faire de l'étranger (de l'altérité) une figure positive (contrairement à l'image que s'en font, il me semble, les sociétés actuelles davantage soucieuses de leur identité, de leurs « valeurs essentielles » ou de leurs intérêts nationaux... qui pourtant dépendent de l'état du reste du monde), ce qui n'est pas sans lien avec la troisième et dernière partie du questionnaire thématique que nous avons choisi liée à « l'immigration et l'intégration ». Comme Olivier l'a affirmé, je crois que le fait d'appartenir (ou non) à une société devrait être un choix, une décision affirmée et argumentée (sur laquelle, bien sûr, l'on peut toujours revenir). C'est sans doute le seul critère déterminant que je peux énoncer ici pour qui voudrait faire partie de cette société. Sans doute y en a-t-il beaucoup d'autres suggérés dans ce texte... qui se jouent à chaque choix de mots, à chacune de mes déclarations. Mais ceux-là, bien que déterminants, peuvent toujours être questionnés, retravaillés... pour peu que l'on décide de m'en parler (ce dont je ne pourrait que me réjouir). En tous les cas, les seuls critères qui me paraissent pertinents pour définir une société sont projectifs, c'est-à-dire qu'ils visent un travail ou une réalisation à venir. Tous les critères fondés sur l'origine (et qui me semblent être la norme actuellement) n'ont aucun sens pour moi... sinon à restreindre notre capacité à nous déterminer. Voilà pourquoi j'ai peu d'affection pour le terme fraternité qui suggère bien trop à mon goût l'idée d'une filiation, d'un même sang, d'une même essence ou d'une même nature (humaine) que l'on partagerait nécessairement. Presque à l'inverse, c'est le désir d'altérité qu'il faudra, je crois, encourager et complexifier. Ainsi, dans la société que je désire, l'immigration – c'est-à-dire le fait d'accueillir de nouvelles personnes – serait quelque chose d’extrêmement enthousiasmant : cela signifierait que d'autres personnes auraient envie de construire une société par le dialogue. Je ne crains pas les tentatives qui pourraient se révéler être des échecs (sans doute nous apprendront-elles tout de même quelque chose), ni les personnes malintentionnées (ce sont surtout elles qui risqueraient d'être déçues). À vrai dire, je crains beaucoup plus l'inverse : à savoir que la société à laquelle j'aspire n'intéresse pas grand-monde... car celle-ci est inconfortable, elle est inquiétante (au sens où elle met sans cesse la pensée en mouvement), elle n'offre pas de refuge. On ne s'y ressource pas, on ne s'y désaltère pas... au contraire : on s'y épuise, on s'y altère. De ce fait, l'idée d'« intégration » me semble tout à fait incompatible avec ce projet. Il s'agit bien plutôt d'engager une transformation de la société par la rencontre d'avec l'autre – une altération – autrement dit travailler à revoir ses idées pour les construire en collectif. *** Olivier Crocitti propose : SOS société, nous sommes là pour vous aider. Gilet jaune, bonnet rouge et blanc bonnet. PQRS, tous les chemins ne mènent pas à Rome. Eschatologie de la collapsologie. Sans doute que si il fallait associer cette contribution à l'un des quatre thèmes, c'est à celui nommé « Démocratie et citoyenneté » qu'elle le serait car le motif de cette dernière est, je crois, de se positionner quant à l'état de ce que l'on appelle démocratie tout en formulant des propositions de transformations de celle-ci, et ce, bien entendu, en interrogeant mon idéalisation de celui qui l'habite et que la langue actuelle désigne – de façon intéressante et étrange je pense –, d'une métonymie topo-symbolique, par le nom de "citoyen". Conséquemment, son droit de cité (la citoyenneté) et sa définition sont donc les sujets de cette réponse. J'écris « réponse » car, me permettant encore un prologue, il me faut affirmer qu'en contradiction d'avec la phrase précédente, cette contribution ne peut en être une puisque justement la notion de contribution liée à l'une de ses étymologies (ou suivant une philologie historique particulière et choisie car je ne voudrais pas laisser penser que je puisse croire en un "vrai" sens d'un mot [du grec etumon, etumologia pouvant alors être traduit, sans ellipse, par « la recherche du vrai sens d'un mot »]) constitue une des pierres d'achoppement jonchant le chemin vers le lieu commun que j'aimerais démocratiquement arpenter et qui, de trébuchement en "tribuchement", me fait penser que le dessin d'un autre trajet projectif serait préférable [Cette dernière phrase use de poncifs qu'un public conciliant pourrait me permettre de nommer "poétiques" afin de rendre grotesque mon trop de sérieux risquant, je le crains, de décourager la lecture. Cela doit sans doute être intéressant à réfléchir quant à l'esthétique du discours politique ; j'y reviendrai. Par contre, en ce qui concerne « arpenter », point de licence, je veux affirmer que ce déplacement politique projectif est un travail de mesure, d'arpentage u-topographique, et que l'arpent, compris symboliquement comme potentiellement relatif au mesureur, à l'interpréteur, me semble "bien prendre la mesure" de ce projet incommensurable mais motivant (mettant en mouvement)]. Autrement dit, je ne peux me satisfaire d'être un contribuant en tant que contribuable ayant apporté sa contribution, sa "part à répartir entre les tribus". À l'instar de l'appellation "citoyen", la con-tribution lie d'après moi le projet démocratique français actuel à un autre système et modèle politique que je ne saurais apprécier positivement, à savoir la République Romaine antique et sa gestion pécuniaire du peuple ou des peuples patrimonialement associés à des tribus se partageant l'impôt : mon idéal sociétal ne peut se limiter à cette simple cohabitation contributive. Littéralement ma réponse n'est donc pas une contribution mais une proposition, une prise de position idéologique, mal-à-droite sans doute, que je vais essayer, sans trébucher, sans glisser, sans collapser "j'espère" (j'essaie ici, bien peu subtilement d'introduire l'un des titres de cette proposition) de mettre en avant, de pro-poser et donc à la fois de défendre, d'en faire l'apologie (que de littéralité), d'argumenter mais aussi et surtout de vous soumettre, d'exposer à votre jugement, de vous partager afin que vous, ou d'autre donc, puissiez l'altérer (ah, je l'ai annoncé, cette déclaration est littérale) car je pense que le seul intérêt d'une telle entreprise est bien celui-ci : l'altération par l'exposition critique et le dialogue ; c'est une réponse en dialogue avec ce que je crois avoir compris de la proposition gouvernementale, de celle médiatique et des « contributions numériques » à ce « Grand Débat national » que j'ai pu lire, et c'est une proposition qui rêve que l'on lui réponde. Autrement dit, le seul intérêt pour moi est de construire un dialogue, de trouver des interlocuteurs, une adresse pour ce projet u-topique : une autre démocratie. [Il me faut alors préciser qu'effectivement, l'appellation « propositions » est aussi (et non également) employée par le site internet de Grand Débat national. Son utilisation n'est donc pas une décision contradictoire d'avec les règles normales de l'entreprise consultative gouvernementale, seulement une déclaration d'intention qui se veut essayer de restreindre la puissance de l'habitude langagière confusant par sous-entendus convenus mais vagues donc peu partageables et par là peu critiquables, je crois] "Que de bonnes intentions !" penserez-vous peut-être ? "Qu'est-ce qu'il est gentil !" ou "Qu'est-ce qu'il est chiant avec ses constipations discursives ; mais qu'il avance et cesse ses précautions pompeuses !", ou bien encore penserez-vous "Mais qu'est-ce qu'il est naïf avec ses histoires de construction projective sociétale idéale". Effectivement, il semblerait que je n'ai encore ni répondu aux questions, ni au questionnaire et pas plus proposé quoi que ce soit, seulement introduit et prescrit pour essayer de prévenir les mé-compréhensions à-venir. Autrement lu, il peut au contraire sembler "qu'en fait", j'ai choisi de vous exposer non pas uniquement les "résultats" de mes réflexions au sujet de la construction démocratique qui nous occupe, mais aussi les chemins alambiqués, et sans doute abscons au goût de certains, que j'ai emprunté (car je ne les ai pas dessinés, pas inventés mais je me les suis réappropriés [tout en ne voulant en priver personne, d'où l'emprunt] et donc re-dessiné, ré-inventé, transformé par re-combinaison, ré-agencement singulier [là encore, c'est bien le seul intérêt de cette parenthèse : vous exposer mes goûts, mes choix esthétiques et donc idéologiques car c'est ainsi, par eux, que j'ai construit cette proposition]). Conséquemment, oui, ce texte s'annonce "un peu long" [bien que je risque fort d’accélérer par la suite, puisqu'il faut bien que toutes ces précisions, digressions, parenthèses et autres crochets aient des effets : "à la fin", l'on se comprendra si bien que je me permettrais même quelques ellipses voire "raccourcis"] mais c'est, je crois, la meilleure manière de contredire la confusion et le désintérêt provoqué par l'apparente évidence des déclarations simples et efficaces que l'on croit reconnaître par habitude. Je repense ici (par exemple non exemplaire tant les situations de désintérêt pour l'expression singulière de l'autre sont légions "et tribus") à un de ceux que l'actualité aura nommé "un gilet jaune", qui, interrogé à propos du futur discours (dit "en réponse aux gilets jaunes") du premier ministre Édouard Philippe début décembre 2018 et de ses attentes, répondra : " de toute façon, je ne vais pas l'écouter, je sais déjà ce qu'il va dire". Sans doute que je trahis quelque peu ses paroles, c'est pourquoi je n'ai osé les guillemets de citation. Je ne peux reprendre tout de suite le fil de mon "argumentation introductive", (celle à propos du style, des longueurs discursives, de l'esthétique d'une expression singulière) je dois me couper la pensée et comme pris dans l'urgence de la manifestation, je me rappelle les dizaines (si je devais écrire centaine, j'utiliserais le singulier car "j'en ai lu beaucoup" et pourtant si peu vis à vis du nombre de publications) de textes (principalement des réponses laconiques à tout ou partie de l'un des quatre questionnaires) que j'ai pu lire sur le site du Grand Débat national suivant l'onglet « consulter les contributions numériques ». J'en citerai (et le terme, là encore, n'est pas anodin, il fait écho et à la cité du citoyen et à la mise en mouvement de l'arpentage projectif vers le lieu commun de la construction collective [citer a la même, ou plutôt, l'on peut lire la même "racine" indoeuropéenne dans l'histoire du mot citer que dans celle de cinéma par exemple ou dans celle du mot sanskrit cyávate qui est traduisible par « il se met en mouvement »]) de "bons" passages plus avant, mais disons-le dès maintenant – et là je convoque faussement le "bon sens commun" par ce "nous" implicite, le "on dit" et le "on est d'accord" confondu dans le fameux et très usité actuellement "on 'va pas se mentir" afin de contredire instamment l'idée que j'ai pu penser savoir d'avance ce que j'allais y trouver ; certes la normalisation y a fait son office et j'ai cru reconnaître bien des sentences, mais je fus surtout stupéfait, ébaubi de lire ce que j'ai lu – j'ai peine à croire que cette action démocratique, cette sollicitation que je ne peux que vouloir encourager, à savoir demander aux habitants et co-constructeurs d'une société de s'exprimer à son sujet, peine à croire que cela soit dialogiquement constructif : j'ai été obnubilé par les indénombrables déclarations anti-dialogiques exhortant ceux que leurs rédacteurs imaginent sans doute être des "décideurs politiques" non pas à plus de dialogue mais à plus de "stricte écoute", au sens de prise en compte de leurs revendications ré-tributives que les actuellement sourds gestionnaires politiques au pouvoir devraient entendre (en dehors du sens compréhensif du terme) ou plutôt ouïr et appliquer ; les rédactions publiées sont sans doute idéologiquement très plurielles, mais, à coup sûr par malchance, mon interprétation aura surtout retenu que bien trop de déclarations discursives appellent de leurs vœux l'arrêt des "discours", des "théories", et ne semblent même pas envisager les échanges politiques comme du dialogue compréhensif mais seulement comme un échange d'informations entre ceux "qui vivent concrètement des situations réelles" et ceux "qui sont payés" pour écouter cette "vraie expérience" et appliquer des mesures numériques (au sens strict du terme) pour faciliter la vie des contribuables : où la politique n'est pas idéologique mais "gestionnairiale". Ma méthodologie de lecture fut totalement inexistante, ou plus justement, j'ai accordé trop peu de temps à cette tâche pour pouvoir la nommer travail. J'ai donc parcouru le site internet du Grand Débat national, lu quelques compte-rendus de réunions publiques, puis quelques contributions classées dans ce qui est nommé « les contributions d'organisation » en choisissant d'ouvrir les fichiers en fonction des noms, souvent incroyables, que "les gens" se donnent, que "les gens" choisissent pour se donner à voir, se représenter [j'écris ici "les gens" non sans modérer l'usage d'un tel vague terme au regard du langage actuel par l’artifice des guillemets et pourtant, c'est au sens le plus gentil (et donc proche sinon "des gens", tout du moins du mot gens et de son histoire barbare) d'après moi que je nomme ces personnes ainsi, au sens romain antique encore (contribution, citoyen, cité, citer, en sachant que le sénat et le salaire sont à venir, cela fait beaucoup de liens que j'essaie de tisser entre la Rome antique et la République française) où les gentes est l'appellation désignant les peuples étrangers, ceux qui ne sont pas le populus Romanus, et bien que je ne l'ai pas encore exposé, sachez que la comparaison voire la confusion avec le peuple romain antique n'est pas flatteur selon mon goût]. Prenons l'exemple de l'« Association Old'up », sans doute mon nom préféré car il s'efforce de jouer avec le langage, mais j'ai déchanté lorsque, après lecture, j'ai compris que leur préoccupation (et il s’avérera qu'il en est de même pour presque toutes les organisations dont j'ai lu la proposition) pouvait être qualifiée de corporatiste. Non avare de jeux de mots décalés, bien dans leurs baskets, les « membres de l'association » et « sympathisants » auront préféré l'appellation « le Vieux », assumé, presque "jeune", et revendiqué avec sa majuscule, pour nommer le centre et la périphérie de toutes leurs préoccupations, à savoir « la personne âgée » et sa place dans la société. Comme tristement systématiquement lorsque je lis une revendication communautaire et corporatiste – mais puisque c'est moi qui agrège ces revendications en cette appellation dépréciatrice, comment pourrait-il en être autrement sinon à manquer de cohérence ? – c'est avant tout un besoin de reconnaissance que j'ai lu : « le Vieux devrait bénéficier d'un véritable STATUT », je suis tenté de dire, "tout bêtement", c'est tout bêtement de cela qu'il s'agit, la reconnaissance. Je vous fais grâce de leur revendication du statut de « consultant expert » en « Silver Economie » ou en « nursing à la fin de vie » ; les vieux s'occupent des vieux et proposent que l'on s'occupe plus et mieux, d'après eux, des vieux. La contribution [et là je crois avoir envie de nommer cela des contributions étant "donné" que la demande en est une de "moyen", financier principalement, pour qu'une catégorie de la "population" puisse « bénéficier » de service particulier ou égaliser par nivellement ses droits à ceux qu'elle voit comme d'autres catégories jusque-là privilégiées] de l'« Association Old'up Marseille » est tout aussi communautariste générationnellement parlant et s'est focalisée sur une demande de moyen supplémentaire quant à l'accès « du Vieux » au fameux numérique (entendez les ordinateurs, l'internet et ce, comme l'appellation l'indique, avec une préoccupation particulière pour les nombres, les comptes, leur administration et les décomptes pécuniaire [tiens, en parlant de lutte communautaire, sans doute que ce choix contextuel de la forme identique au masculin et au féminin plutôt que la forme dite "populaire" par les dictionnaire me semblant populairement qualifiables similairement – ce qui doit nous inviter à redéfinir le et les populaire, mais je vous en fait grâce ici – où pécunier est considéré comme une forme masculine de ce terme est un bon moment pour contredire la dichotomie genrée normale de la société ainsi que toute distinction morales de groupe de personnes selon le genre qu'elles auront choisi]). Cela me rappelle ce que la chaîne d'information publique dite "en continue", Franceinfo [eh oui, ils ont choisi de l'écrire ainsi, telle une masse informe où info' n'est même plus une apocope – à y réfléchir, je crois que je ne comprends même pas la construction de ce nom], m'a sifflé à l'oreille il y a quelques jours : les femmes déserteraient les formations informatiques pour mille et une raison – notamment de représentation culturelle trop masculine de l'informaticien dans les séries télévisées à laquelle elles auraient du mal à s'identifier en tant que femme d'après le bref reportage, ce que je trouve stupéfiant et intéressant – et conséquemment, les entreprises de conception de logiciels s'arracheraient leur faveur car ces dernières ne pourraient se permettre de ne faire travailler que des hommes qui, bien entendu, façonneront des interfaces et des ergonomies masculines : ces auto-proclamés Vieux ne sont pas allés chercher ailleurs leur conception de la vie et de la société, le corporatisme genré, générationnel, confessionnel, socio-professionnel est la réalité que notre civilisation se façonne. L'« Association Protestante des Amis des Tziganes » se préoccupe des tziganes, de « la reconnaissance du droit des Tziganes », et je vous laisse donc deviner la teneur des contributions publiées par l'« Association des Parents d'Enfants Inadaptés de l'arrondissement de Montreuil-sur-mer », ou de celle de l'« Association départementale agréée de pêcheurs amateurs aux engins et filets ». Je ne dis rien au sujet de l'« Association des amis de Nicolas Sarkozy » sinon que l'existence d'une association (et elle est très loin d'être la seule à s'incarner ainsi) ayant choisi de se construire autour de l'amitié vouée à une personne particulière afin, sans doute, d'en promouvoir l'idéologie singulière m'inquiète beaucoup quant à la possibilité d'une construction démocratique collective et critique que je crois désirer. Finalement, peut-être que ces gens sont bien plus des romains qu'annoncé avec gentillesse plus tôt et que ces associations ont bel et bien (esthétiquement ou autrement dit dans l'agencement cohérent du fond et de la forme) des airs de tribus antiques. J'ai ensuite "expérimenté l'outil site" du Grand Débat national, car face à la profusion de contributions et autres propositions, ledit site "génère" des listes de fichiers consultables aléatoirement ou par tri chronologique, mais sans totale maîtrise de l'accès par le lecteur. J'ai donc lu des contributions dont je n'ai pas trace, car ne sachant pas de prime abord que je n'aurais jamais accès simultanément à toute la liste des publications, je n'ai rien fait pour les enregistrer (sinon les mémoriser interprétativement... mais cela ne vaut pas grand-chose "au jour d'aujourd'hui", celui du "fake checking"). Ce fut dur. Non pas à cause de mes faiblesses informatiques et numériques, mais à la lecture. Au hasard de l'aléatoire, j'ai trop souvent, à mon goût, lu des déclarations à nouveau corporatistes et malheureusement en adéquation avec le nom donné au "cahier" de cette entreprise consultative. Alors même qu'ils ont été officiellement désignés comme « cahiers citoyens », ce sont lisiblement des « cahiers de doléances » que la majorité idéologique visible depuis mon point de vue (en dehors de tout chiffre et, au contraire, selon ma façon singulière de déchiffrer ce que je regarde du monde) s'est employée à alimenter. Dans ce monde de doléances, de douleurs implorantes donc, l'on réclame. À la manière de ce que l'on nomme actuellement du "placement de produit", la réclame fut une forme de publicité "non ostentatoire", à peine mais tout de même cachée dans un article censé et sensé ne pas avoir pour projet d'être publicitaire au sens commercial du terme. Notez que la délicieuse langue actuelle aura inventé et préféré utiliser les termes de "publireportage" ou pire (ou mieux, je ne sais plus) "d'infomercial" : un vrai « Newspeak », un "cauchemarêve" orwellien réalisé où, comme avec le nom de Franceinfo du reste, le mot information prend tout le sens du jeu de langue disqualificateur au goût de ceux dégoûtés par l'actuel appétence pour l'objectivité neutre que revendique les tenants de l'info' [L'information, l'action de renseigner, d'enquêter afin de former une pensée à justement partager s'est effectivement écrit, "jadis", enformation. Mais "encore plus naguère", le in- d'information signifier "en". Pourquoi la langue moderne n'a pas vu la confusion malvenue pouvant se former entre informe (sans forme, mal formé) et information, je ne le sais. En tout cas, grâce à l’apocope actualisante, l'info' et devenu info et la confusion impossible quant à la qualité de ce qui forme des discours en réclamant ne pas avoir d'auteur mais seulement des récepteurs objectifs]. Dans ces contributions j'ai donc lu beaucoup de réclame, et dès lors je comprends que l'appellation « cahiers de doléances » eut été habituellement choisi, cela est cohérent. Pour exemplifier cette "tendance lourde" (et manipuler au passage, maladroitement, un vocabulaire statisticien), afin de rester laconique pour ne pas trop allonger ce texte, je serai lacunaire et ne citerai que Manu636363 (encore un joli nom à la mode actuelle), qui, le 25 janvier 2019 à 14h06 aura publié ses réponses au questionnaire « Démocratie et citoyenneté », et qui, "mine de rien", intitula sa "réclame" ainsi : « Droit aux vacances des personnes handicapées ». Après avoir répondu à de nombreuses questions sans jamais évoquer ni les vacances ni les personnes handicapées, après avoir répondu, comme beaucoup de ceux que j'ai eu la chance de lire et de retenir (voilà une autre "tendance lourde" que je place, telle une réclame, insérée ni vue ni connue), au sujet des modalités d'intégration des migrants : « les modalités sont la maîtrise de la langue, un travail, le paiement des impôts et le respect des lois de la République », après avoir répondu donc que, comme la plupart des contributeurs que j'ai numériquement rencontrés qu'il désirait que "les migrants" aient un travail au sens idiotement habituel de ce qui procure un salaire, de l'argent et qui permet de contribuer "à son tour" par l'impôt, il répondit enfin à la dernière et fatidique (révélant pour le coup mon propre dessein, celui de la réclame, mais c'est logique puisque c'est moi qui écrit) question. Et quelle est-elle cette question me direz-vous ? Il fallait bien que je ponctue un peu ce texte ressemblant parfois plus à une pelote de fils pour tricot au crochet entremêlés qu'à la trame de tissu com-plexe, drapée et cousue en multiples plis et replis qu'il tente pourtant d'imiter par ses détours, retours et autres crochets. Je vous la livre enfin : « Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ? Oui, je souhaiterais que chaque personnes handicapés puissent partir en vacances. À l'heure actuelle une personne handicapée moteurs avec une légère déficiences mentale doit payer 2800€ pour dix jour de vacances avec un organisme adapté. Ayant des enfants et travaillant je ne pourrai pas partir en vacances si je devais payer ce montant. Sachant que l'aah [comprenez l'allocation aux adultes handicapés] est de 860€. Ces personnes n'ont pas la possibilité de partir en vacances. ». Dans ce monde l'on réclame et l'on considère le gouvernement de soi par les autres (que l'on ne remet pas en question systémiquement parlant) comme son syndic, son syndicus, son "avocat-représentant", défenseur des "parties communes" (au sens le plus réduit possible), en charge des déchets et gestionnaire des factures. Bien entendu, à la manière de la "contribution" de rodo, le 23 janvier 2019 à 9 heures et 23 minutes au même questionnaire que Manu636363 [le nom que les "gens" choisisent me semble bien être un point esthétique crucial], de nombreuses déclarations sont, je dirais, "excrémentales", elles évacuent avec violence tout entreprise de dialogue complexe et représente ce que je nomme "des expressions en-deçà du dialogue" [Je le répète encore une fois, je suis loin d'avoir lu toutes les publications, et parmi celles que j'ai essayé de comprendre, j'en ai retenu certaines. Je ne vous en partage qu'une interprétation illustrée partielle et partiale]. Rodo répond d'un mot : « Personne », « Non » ou encore « transparence................................. », il veut « Avoir des politiques qui ne soient pas "hors sol" ! » [et cela est une expression, parfois reformulée en un "les pieds sur terre", "ancré dans le réel", etc., qui se lit énormément et dit beaucoup, d'après moi, de la prétention à la vérité qu'ont ces contributeurs que je dirais "normaux" suivant mes lectures : ils sont sûrs d'être dans la vraie vie à l'inverse des théories discourantes et de leurs locuteurs politiques]. Il [là encore, je crois que "il" le fait, mais "il" est surtout un exemple de ce qui m'a semblé manifeste et intéressant à partager pour comprendre pourquoi je crois qu'il serait préférable de construire une société différente et aussi plusieurs sociétés car, je ne crois pas "faire société" avec nombre de ceux que j'ai lu] répond de manière assez incompréhensible et incohérente pour moi aux questions : « Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Ces institutions sont des nids à recaser les politiques, une centaine de sénateurs suffi à condition qu' ils travaillent ! / Faut-il les transformer ? Oui / Si oui, comment ? Suppression, complètement inutile ! » (vous noterez que c'est bien ainsi que s'enchaînent les questions et que donc il faudrait garder quelques sénateurs tout en supprimant "le tout"), ou encore « Pensez-vous qu'il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ? Oui / Si oui, lesquelles ? Toutes. » (je crois que là, rodo à dû comprendre « Si oui, auxquelles ? », dès lors, ni en-deçà, ni au delà mais conjointement (indissociablement) de la morale abjecte dont il fait fierté selon moi, je crois que ce type de mé-compréhensions compromet grandement notre potentielle co-construction). Bien sûr, vous l'attendez de ma part peut-être, une telle façon de procédé étant si souvent associée à une entreprise de dénigrement condescendant que l'on peut avoir du mal à penser que je cite ainsi les énoncés d'un autre à d'autres fins que la moquerie. Rodo poursuit d'ailleurs, comme il semble d'usage au cours des réponses aux questions 20 et suivantes, en invoquant l'éducation. Il s'exclame alors « Education ! Respect des lois ! », car oui, l'éducation semble cruellement être elliptique d'après la majorité de mes contributeurs et je pourrais alors me laisser croire que l'on partage cette affirmation. Pourtant non, car lisiblement nous ne parlons pas du tout de la même éducation et ne visons pas du tout les même finalités. D'aucuns pourraient penser que j'exagère, qu'au su des fautes d'orthographe et de grammaire que j'ai fait lire tout au long de ma réponse, je suis bien mal placé pour énoncer cela, et je serais en désaccord. J'affirme "sans précaution" que tout et donc toute question est sujet à interprétation, et "que dire de la lecture combinée de questions et de réponses ?". Ainsi, penser que j'exagère sur ce point serait sûrement, je crois, mal me comprendre car je ne veux pas parler de rigueur académique langagière – je me plais d'ailleurs à en jouer et à les déjouer lorsque je "maîtrise un peu" un morceau de cette langue – je déclare "seulement" que les mé-compréhensions et plus encore les dyscompréhensions sont idéologiquement très signifiantes et qu'en dehors de chez rodo, j'en ai lu un nombre incalculable et incalculé de fois. Pour en finir avec "l'excrémental", je citerais la réponse de rodo à « Quelles sont, selon vous, les modalités d'intégration les plus efficaces et les plus justes à mettre en place aujourd'hui dans la société ? », à savoir « Respect des valeurs de la France, o[u]ù expulsion ![là, la "faute de frappe ou d’inattention dans cette proposition de huit mot est poétiquement très signifiante puisqu'elle marque l'importante de la localisation géographique normale dans sa morale nationaliste ». Bon. Bon, bon, bon, que dire ? Que dire sinon ce que je crois être le plus important : rodo et moi, ce type de contributeur et moi, nous ne faisons d'ores et déjà pas partie de la même société, ou alors si, en un sens administratif sans doute, en un des sens du "libéralisme idéologique", au sens où nous avons ce que certains appellent la "chance" de pouvoir vivre dans une société où rodo peut déclarer cela et où je peux douter de l’existence de "valeurs de la France comprises et partagées en accord par tous ceux nommés français" par exemple. Nous aurions tous deux la chance d'en être libre, laïquement libre, sans entrave intellectuelle. Je ne peux que reconnaître que j'ai toujours pu m'exprimer quand et comme bon et juste m'a semblé. Je me suis souvent "trompé" dans cette estimation du bon et du juste, mais cette condamnation morale n'a jamais été une contrainte légale (pas même laïque). J'estime et désire bien entendu qu'il en soit de même pour qui en aura envie, le problème n'est pas là, le problème c'est bien que cela soit "une chance", que cela dépende du hasard de la naissance alors qu'il faudrait, je crois, que cela soit un choix, un engagement personnel sociétal. Sans faire systématiquement preuve de "racisme nationaliste exclusif" [à savoir, considérer que l'autre est un autre avec lequel je ne veux pas m'altérer et donc, sans doute finalement pas un autre mais plutôt un "différent indifférent" (une représentation intangible selon cette notion à venir), et que la raison, le ratio auquel on croit, on "-isme" (notre racisme excluant en l’occurrence), c'est la nationalité, l'appartenance à une nation (selon des ratio qui peuvent encore différer)], sans que ce type de racisme ne s'exprime à chaque fois donc, les "valeurs de la France" ont maintes fois été invoquées. Il semblerait "d'ailleurs" que, pour être intégré à cette société française, il faille les respecter, ces valeurs. Le questionnaire lui-même, celui, toujours, dit « Démocratie et citoyenneté » énonce : « Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ? ». Je n'en dirais pas beaucoup plus ici ou alors que très peu (bien qu'il faille prendre énormément de temps et d'espace pour se comprendre, j'imagine), à peine des suggestions de réflexions et des prises tangibles pour de potentielles critiques, en affirmant que je pense que le respect est " au sens propre" [ou plutôt au sens respectueux du terme, c'est-à-dire, en regardant en arrière, de manière respectueuse et donc suivant l'académisme normal prenant racine à l'antiquité greco-latine (respectus)] le fait de regarder en arrière. Métaphoriquement donc, respecter quelque chose consiste à re-garder, à garder encore la manière ancienne de la considérer, de conserver cet usage, reproduire cette façon [ailleurs, suivant d'autres histoires, le respect a encore à voir avec la vue, une vision "de loin", à bonne distance comprise comme la distance pour éviter le contact, interdire l'interaction et c'est ainsi que l'on "tient en respect"]. Le « Respect par tous de la compréhension réciproque » est alors une proposition "incompréhensible" pour moi car je crois que la tolérance et l'anti-discrimination dont les républicains actuels font vaguement étendard boute hors de ce territoire l'altération, le refus, la contradiction idéologique alors même que je les considère comme nécessaire à la compréhension de l'autre ; essayer de comprendre l'autre, travailler à cela c'est, je crois, lui porter atteinte et se porter atteinte, c'est ne respecter aucune soit disant intégrité intellectuelle ce qui est antinomique du respect. Enfin, juste un mot pour affirmer que valeurs républicaines ne sont pas synonymes de valeurs démocratiques et n'engagent donc pas nécessairement de système démocratique. Certes la république se définie notamment par l’existence d'un processus électif, ce qui la distingue de la monarchie, mais une république peut par exemple être aristocratique en considérant qu'une partie de ses habitants est littéralement meilleure, excluant donc les "autres" de l'expression politique législative et exécutive, ailleurs encore, une république peu être dictatoriale (un dictateur peut être élu), etc.. En tous les cas, les déclarations invoquant ces fameuses valeurs de la France, françaises ou républicaines ne sont, je crois, jamais exposées, jamais formulées par les participants que j'ai lu et qui pourtant s'en réclament. L'on peut malheureusement être "d'accord" avec l'énoncé gouvernemental, à la lettre, ces valeurs sont effectivement « intangibles ». on ne peut les toucher et ainsi elles peuvent être garanties, conservées intactes. J'ai peur de croire qu'elles ne sont pas formulées "et parce que et donc" elles n'existent pas ou sinon, vaguement et donc sans que l'on puisse se positionner et s'accorder collectivement vis-à-vis d'elles en dehors d'un consensuel sous-entendu préservant de potentielles morales contradictoires. Cette non formulation serait à la fois conséquence et cause d'elle-même. Si l'on a des valeurs c'est donc que l'on considère que certaines choses en ont, on leur en donne, de la valeur, et simultanément, on en prive d'autres, ou bien l'on "considère que toute chose en a", mais l'on ne peut alors octroyer la même valeur à chaque chose sous peine d'annihiler l'action et de ne plus pouvoir affirmer "avoir des valeurs". Cette France, cette république française est conséquemment mue par une idéologie, une organisation logique et hiérarchisée d'idées où tout ne vaut pas tout. Pourtant, "de manière intangible" pour moi, les valeurs dites laïques de la France laissent croire qu'elle ne serait pas idéologiquement régie et prête à faire cohabiter toute idéologie individuelle, radicalement déterministes comme totalement constructivistes par exemple. Je suis donc (suivant le choix adverbial à mon goût de la phrase précédente) totalement en désaccord avec cette organisation sociétale, je crois que les valeurs définissant la singularité collective qu'est une société devraient être totalement et complexement formulées afin que chacun puisse faire l'effort de les comprendre et ainsi de se positionner vis à vis d'elles. [je voudrais en écrire bien plus à propos des valeurs revendiquées par la France, que ce soit constitutionnellement ou d'après la lettre du président de la république aux français daté de 2018 par exemple (heureusement, et Lucile et Robin ont travaillé à déconstruire les valeurs essentialistes et économistes de cette dernière), mais je vais essayer de me convaincre que vous (ou certains au moins) m'avez compris à ce sujet, suffisamment pour comprendre mon désir de méta-phoriser (littéralement, esthétiquement et politiquement, d’aucuns, ayant d'autres goûts auraient peut-être dit "en vrai, vraiment") notre société.] Par deux fois au moins, de manière manifeste je crois, j'ai déclaré mon projet, ou plutôt une partie indispensable de mon projet et rêve de société. J'ai déclaré, à l'instar de Jordan et Sarah par exemple, que seul un système où ceux qui composent une société ont choisi de s'y engager, d'y prendre part selon le projet idéologique singulier de ladite société, est pour moi acceptable et désiré. Ses valeurs pouvant par exemple être constitutionnellement transformables (et c'est ce que je projette, ou plutôt c'est à ce type de projet que je veux travailler), mais qui, en tous les cas doivent être déclarées afin d'être examinables par tous dans le but de permettre à chacun une prise de position singulière. Je rêve que l'on ne naisse pas citoyen d'une cité mais que l'on soit contraint de choisir, et conséquemment que l'on puisse toujours choisir différemment, que cette possibilité soit perpétuelle et inaliénable, faisant de ce choix et un droit et un devoir. Finalement, ma réponse n'a jamais réussi à dépasser son prologue et est restée triste voire pire, déprimante. Mon projet était pourtant différent. J'aurais aimé être enthousiasment car, contrairement à ce qu'auront provoqué mes "consultations" cybernautiques (au sens actuel et stupéfiant du terme), la réunion cybernétique dans laquelle je suis combiné aux complices Lucile, Jordan, Arnaud, Robin, Aline, Olivier et Sarah me motive presque passionnément (au su du labeur qu'aura été pour moi cette première rédaction). Mon mouvement est sans doute trop lent, trop dilatant, épanchant même, sans doute et ces débordements n'auront de sens qu'une fois canalisés par le mouvement collectif de co- [non, là j'arrête, je me coupe la parole car l’émotion vous aurez submergée, j'allais parler de possibilités transformatrices superbes, mais c'est en collectif que cela doit se tisser]. Je crois comprendre que, d'après une certaine mode actuelle, de telles déclarations peuvent se trouver qualifiées de la disqualificatrice appellation de Bisounours. Il paraît que « l'expression "on ne vit pas dans le monde des Bisounours" est passée dans le langage courant pour signifier qu'on ne vit pas dans un monde idéal où tout le monde serait gentil » et je suis donc d'accord avec cette constatation langagière relevée ici par l'encyclopédie dite participative de notre époque qu'il aurait était bizarre de ne pas citer une seule fois, même wikiwiki, alors que j'écris à l'adresse de cette "consultation participative". Je crois que si la gentillesse et l'inverse de la méchanceté où le méchant et ce qui choit mal, qui tombe mal, non comme un trouble-fête (que je trouverais gentil dans bien des situations au contraire) mais comme quelque chose de non compréhensible, d'inintelligible, de non en rapport (même conflictuel), alors je veux et crois en ce possible monde de gentillesse. Une société où, gentil, l'on serait ce "peuple étrange", étranger car mû par l'altération du collectif de singularités (que je crois être exposé par Sarah, Robin et Lucile) et l'auto-aliénation (une aliénation à la lettre, à savoir l'action de se rendre étranger et non au sens commun non "auto", non réflexif d'abandon de sa volonté à d'autres). Cette société de "peuples" (ou plutôt de dêmos ou en tout cas d'habitant) gentils et donc non romains, où point de tribun irait "avocaté" nos intérêt auprès de patriarches est effectivement ce pour quoi j'ai envie de m'engager idéalement, et ce, en contradiction d'avec la lucidité du goût et du langage actuel : idéalement et donc en dehors du pragmatisme, de manière irréeliste pour ainsi dire. Le 17 février 2019 à 11 heure 58, Jean pierre à publié « Je suis un gros bisounours ». J'ai donc cru renconnaître là un complice potentiel qui, ironiquement c'était affublé du nom disqualificatoire conçus par notre société actuelle "concrétiste" au sens "inertique" et économiste du terme [bien que ce terme n'existait peut-être pas avant que je ne l'écrive, ou en tout cas pas au sens auquel j'essaie de vous le donner à comprendre maintenant – et c'est là tout l'intérêt de cette laborieuse expression qui, de pli en dépli et repli, frôlant parfois le fastidieux, vous permet, avec une "semblante" facilité, de me comprendre ; je vous en remercie et tout en même temps j'affirme que c'est là un des projet de ce texte à savoir exposer que notre société serait transformée si l'on ne se rêvait pas "vivre à 100 à l'heure" (même plus l'temps de donner une unité de mesure), si l'on ne cherchait pas efficace simplicité pictogrammique et que l'on préféré la difficile et complexe interprétation, mais reprenons], eh bien que nenni, Jean pierre déclara, en réponse à la question « Y a-t-il d'autres points sur les impôts et les dépenses sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ? » : « Je suis le taxé de service étant dans la tranche moyenne des impôts et j'en ai marre, j'ai hâte d’être pauvre pour ne plus en payer et bénéficier de toutes les aides sociales qui me seront octroyé ». À ce moment de l'argumentation, pour finir d'essayer d'argumenter en faveur d'une construction démocratique différente en exposant encore des fragments de pensées m'ayant altérées (en l’occurrence négativement), je voulais citer quelques passages de publications ayant choisies de se servir de cette expression métaphorique mettant en scène ces petits oursons colorés que l'on appelle Bisounours. Je pensais notamment à JeffEctue qui, le 4 février 2019 à 22h37 déclarait (toujours à cette même "dernière question d'ouverture") : « Diriger une entreprise ou un pays nécessite vision et leadership. Communiquer cette vision ne peut se faire en zigzaguant comme ces dernières années. Quand on dit vouloir libérerez les entreprises on ne revient pas avec le bonus/malus, ou diverses taxe comme cela a été fait en 2018. Et puis on arrête se concours Lépine des taxes et on se concentre sur les économies. Et arrêtons de courir après pleins d'objectifs, parfois contradictoires. Déjà si on érigeait la réduction du chômage en priorité absolue avec l'évaluation de l'effet de chaque loi sur celui-ci, on aurait une meilleure chance d'y arriver. Ensuite vouloir fermer les centrales nucléaires, celles à énergie fossile et développez les véhicules électriques ne démontre pas une vision supérieure, mais juste que nous suivons les tendances. Heureusement que De Gaulle a pensé différemment. Enfin quand on vote une loi, on prévoit les sanctions en même temps pour éviter le dernier scandale des fast-food. Comme je ne crois pas au monde des bisournours, je ne peux que me demander si on ne le fait pas exprès! Et pour les sociétés d'autoroutes si elles veulent augmenter leur prix, et bien on a qu'a augmenter leurs impôts comme on le fait avec les particuliers. Ces sociétés ne sont pas à plaindre puisqu'elles paient à prix d'or des sous-traitants pour transférer leurs bénéfices et pouvoir continuer à se plaindre. ». Ne croyez pas que je l'ai choisi parce que j'ai estimé que son développement était extraordinaire, non, bien au contraire, c'est son "ordinarité" normale qui m'a convaincue, ajoutée au fait que, comme promis sa publication titrée « Stop aux bisounours et devenons leaders, pas followers » évoque nos petits amis gentils et colorés comme des parangons des politiques "non-réalistes", mal pragmatiques. Là, toujours pour vous convaincre du "bien fondé" de ce projet transformateur j'aurais tenter de déconstruire cette pensée puis cité encore champ94, qui, dans « Du pragmatisme et plus de la théorie bisounours » nous confie à tous, le 11 mars dernier à 22 heure 52 sa réponse à la merveilleuse dernière question : « Y a-t-il d'autres points sur l'organisation de l’État et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ? Oui, notre manque de pragmatisme, nous aimons bien les théories alors que nos collègues européens sont plus pragmatiques et les pieds sur terre, seul le résultat compte. Un exemple mon entreprise qui est une entité adjudicatrice et donc qui doit faire des appels d'offre européens s'y astreint et est fière de ne pas y déroger. Nos filiales dans d'autres pays (Angleterre, Allemagne, ...) sont beaucoup plus souple et quand ça les arrangent (gains / risque d'amende/procès) pasent outre et gagne un temps précieux et souvent pas mal d'argent car changer un système informatique au bout de 4 ans car le contrat est fini est un gâchis souvent immonde par rapport aux gains financier du nouveau contrat) s'assoient sur les règles. Je m'amuse souvent des cris d’orfraie qu'on suscité l'idée de patriotisme économique en France, nos amis Allemand ne ce gênaient pas pour acheter du Fujitsu-Simens (Siemens = Allemand) sans en faire tout un plat. C'était normal ! Il n'y a qu'en France que nos grands politiques ce posent la question. En gros les autres pays intègrent les directives européenne à minima (sauf quand ils en tirent un profit) alors que nos fonctionnaires jouent les "monsieur plus" et rajoutes des surcouches. C'est assez top pour plomber notre compétitivité :-( ». C'est souvent à cette dernière question, presque subsidiaire, qu'est exprimé ce qui politiquement me dégoûte le plus. Cela étant dit, sommes nous alors des Bisounours ? L'American Greetings Corporation et sa division nommé « Les caractères de Cleveland » a été en charge des droits d'auteurs et de la promotion des Bisounours. Je crois que ces jeux de propriétés commerciales ont évoluées depuis, mais en 2016, c'est « Characters from Cleveland incorporation » qui édita, à l'usage des diffuseurs des épisodes télévisuels mettant en scène la quatrième génération de Bisounours, une description des personnages principaux. Connaissez-vous Toubisou ? Il est le chef des Bisounours, car oui, les Bisounours ne vivent pas gentiment en démocratie directe (non représentative). Ils vivent l'inverse de ce que je désir et partage idéalement avec mes complices du moment. Toubisou est non seulement un chef, mais en plus, il est non élu. Il est chef car "on ne va pas se mentir", on sait bien que toute société à besoin d'un chef, et, comme il se doit, Toubisou est « le plus vieux et le plus sage » [l'association Old'Up en sera contentée]. Sa description m'a aussi appris que « depuis sa maison, il a une vue sur tout le royaume », et voilà le "fameux monde idéale des rêveurs" : un royaume ! Pour « évacuer la pression » – car les Bisounours sont sous pression – notre chef pratique le « yo-chi (un mélange de yoga et de tai chi) ». Harmonie, est une Bisounours (oui, une car ils semblent bien être normalement genrés) dont on dit qu'elle est un « leader naturel », mais aussi « prétentieuse, égoïste, une vraie Diva ! ». Tougentil est dite « optimiste », « le problème, c'est qu'elle ne sait pas dire non, même quand elle est épuisée, et que personne ne lui apporte du soutien lorsqu'elle manque d'énergie ». "Tu parles d'un monde de Bisounours !". Il existe même un Bisounours « râleur » nommé Touronchon que l'on dit « pessimiste, négatif, solitaire ». Que dire de l'existence de L'Abominable, un Bisounours que l'on trouve « drôle » mais « odieux » et sur lequel « on ne peut pas compter » ? Je crois qu'il n'est pas nécessaire que je poursuive cela ici. Je peux affirmer que les Bisounours sont à l'image de la plupart de mes soi-disant con-citoyen, je voudrais ne pas faire société avec eux, mais pourtant, ils vivent bien dans un monde idéale d'après moi, un monde où l'idée de l'essentialisation caractérielle ne pose pas et n'est pas posé comme un problème, un monde d'acceptation de la vie où « tout n'est pas toujours rose » [là, esthétiquement (dans un lien indissociable entre fond et forme), je dirais tant mieux] et où l'on médite pour encaisser. Un monde où les leaders sont naturels et naturellement acceptés par tous. Je crois que les Bisounours sont romains, une tribu romaine comme les schtroumpfs, les shadocks ou sans doute la SOS société des souris de Disney [C'est à présent, frustré mais certain que ce travail ne fait que commencer et que j'aurais donc l’occasion de remédier à cela, que je commence à vous annoncer que ce texte n'est qu'une introduction, et qu'en espérant éviter l'eau de boudin, je n'aurais pas le temps ici de vous raconter mon histoire de Bernard et Bianca, pas plus que celle du schroumpf-vert et du vert-schtroumpf. Je vais, "en fait" ne faire qu'un clin d’œil extrêmement énervant de fugacité à tous les titres de cette réponse ce que l'on peut comprendre, extrêmement positivement comme autant de discussions à venir. Plus idiotement d'après moi, l'on pourrait "simplement" penser que ce texte et extrêmement mal titré.]. Toutes ces tribus diffèrent, comme les bonnets blancs et les blancs bonnets (clin d’œil) d'après moi, comme les gilets jaunes et les bonnets rouges ou comme les gilets jaunes entre eux (et là ce n'est même pas un clin au regarde de l'importance de ce qu'il y aura à raconter !), certes. D'ailleurs, je rêve d'une société de la distinction où l'on appelle pas systématiquement un chat "un chat" mais, selon l'histoire à raconter, selon le contexte le félin sera raminagrobis ou greffier par exemple. Distinguer c'est aussi regrouper, contextuellement toujours, toujours à des fins particulières et je sais que je ne veux pas faire société avec ceux qui auront choisi de se regrouper, pour des luttes fiscale, en voulant manifester l'urgence de leur situation d'un vêtement de détresse auto-routier par exemple, pas plus qu'avec ceux ne voulant pas se préoccuper de l'esthétique de leur représentation et revendiquant même une dissociabilité souhaitable entre fond et forme. Je ne le voudrais pas non plus avec ceux qui auront choisi de se nommer sénateur (membre du senatus", le conseil des anciens, senex), pas avec ceux qui aspirent à un salaire (mais je ne peux vous dire pourquoi ici, ceci est une trop longue histoire, passionnante, bien "salé" dans laquelle notre civilisation puisse allégrement), pas avec les nouveaux devins statisticien déterministes et résignés ayant choisi de se nommer collapsologue (quand tant d'autres noms et tant d'autres sciences auraient pu être "créés", ce qui nous fera glisser encore d'en d'autres récit à venir, ds histoire avec fins mais sans clôture). J'aurais voulu, encore, tisser des liens avec les textes de mes complices en vous parlant de la rédaction législative dont je rêve, de la répartition territoriale ou bien de l'élection (mais Sarah s'est occupé d'exposer une exigence unanimiste dialogique avec laquelle j'affirme être d'accord) ce qui annonce bien des disputes, j'en suis ravi. Alors pour finir cette première étape d'un travail que je voudrais croire et vivre comme débutant "à peine et dans l'euphorie", tel un "contre-Greta Thunberg" (j'avais mille jeu de mot à faire!) je voudrais déclarer que l'énoncé « Je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours » et l'inverse de ce qui m'anime alors même que je crois bien que c'est dans le partage qu'une société s'enforme ; tous les chemins ne mènent pas à Rome !