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Cahier de doléances

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Contribution n° 535488

  1. Quel est aujourd'hui pour vous le problème concret le plus important dans le domaine de l'environnement ?

    • La biodiversité et la disparition de certaines espèces
  2. Que faudrait-il faire selon vous pour apporter des réponses à ce problème ?

    Il conviendrait d'inciter financièrement les pratiques vertueuses en matières de production de nourriture: -Plantes: recherche et développement pour développer des méthodes favorisant la richesse des équilibres naturels liée à la diversité. Le sol ne doit plus être considéré comme un simple support de plantation mais envisager sa microbiologie comme l'alliée de la production agricole. De même, la rotation des cultures sur 10 ans comme le pratiquent des agriculteurs labellisés AB: chaque variété de plante agissant d'une façon différente dans ce qu'elle puise dans le sol ou dans ce qu'elle lui restitue. Ne plus financer les producteurs utilisant les produits phytopharmaceutiques pour maintenir un rendement artificiel et une moindre rentabilité. Les dommages collatéraux de ces méthodes de production ont ensuite un coût à la collectivité, par exemple l'eau potable dans le sud de l'Alsace était devenu impropre à la consommation en réseau des taux élevés d'atrazine (Herbicide utilisé dans la culture du maïs). A ce sujet l'émission "La Méthode scientifique" de Nicolas Martin sur France Culture (27/02/19) pour y voir clair sur l’agriculture biologique et examiner sereinement ce que la littérature scientifique en dit, Thomas Nesme, chercheur et professeur en agronomie à Bordeaux Sciences Agro et Marc Dufumier, agro-économiste, professeur honoraire à Agro Paris Tech. On y apprend par exemple que l'agriculture dite "conventionnelle " reçoit en France 7 milliards d'euros de la PAC alors que seulement 160 millions sont consentis pour les producteurs en biologique (en conversion et déjà labellisés) malgré les services rendus en terme d'économie d'énergie, de coût de dépollution etc. https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-mercredi-27-fevrier-2019 Pour illustrer les propos des intervenants, le reportage du jour:"rencontre avec Eric Gobard, agriculteur bio à Aulnoy (Seine-et-Marne). En 2008, avec Eric et Anne Gobard ont décidé de convertir leur exploitation de 180 hectares en bio. Comment s’est passée cette conversion et avec quels résultats ? -Elevage: encourager financièrement les petites unités de production en synergie avec les producteurs de légumes, céréales ,légumiseuses, fruits permettant l'utilisation des fumiers et lisier comme fertilisant. Ne plus refaire les erreurs du passé en spécialisant les régions sur une production agricole (par exemple schématiquement maïs dans la plaine d'Alsace et élevages porcins en Bretagne). Si les citoyens aspirent à moins manger de viande, ne pas subventionner coûte que coûte un secteur de production alors que d'autres industries, comme celle du textiles malgré la demande ont été sacrifiées sur des logiques de l'OMC. Pour ces deux secteurs, étudier les impacts sur les populations concernés en axant la recherche sur les métabolites contenues dans les eaux usées afin de déterminer quels sont les doses de substances rejetées par les habitants par la consommation des productions et de l'eau potable. -Secteur de la pêche: subventionner les pêches sélectives, comme les casiers, les lignes de traîne etc. L'information sur les méthodes de pêches encourage bon nombre de consommateurs à éviter les méthodes destructrices comme la pêche électrique pratiquée par nos voisins européens et autorisée jusqu'en 2021 selon un article paru en page 5 du Canard Enchaîné du 20/02/2019. Comme l'indique une publication de Greenpeace concernant le thon (2014) peu de vertu à attendre des distributeurs tant que les coûts de production ne seront pas influencés par des décisions politiques: "Seuls deux bons élèves se distinguent : Phare d’Eckmülh et Système U. Ces marques s’approvisionnent en majorité ou en totalité grâce à une méthode de pêche sélective, la canne ou la ligne de traîne, et utilisent des thons provenant de stocks qui sont en bon état, comme le thon listao. Mais l’approvisionnement des plus grandes marques repose essentiellement sur une pratique de pêche destructrice, les dispositifs de concentration de poissons (DCP). Par ailleurs, le thon albacore de l’Atlantique, dont le stock est surexploité, est largement utilisé pour remplir les conserves vendues en France. Sur le marché français, l’offre de thon pêché à la canne, méthode de pêche reconnue comme la plus respectueuse des populations de thons, est extrêmement limitée. Contrairement au Royaume-Uni par exemple, il existe très peu de produits issus de pêcherie à la senne garantissant l’absence d’utilisation de DCP." Nous citoyens, avons des aspirations en matière de consommation de nourriture saine et avec un impact moindre, nous vous saurions gré de bien vouloir inciter les opérateurs et acteurs des filières en orientant les budgets en conséquence. Merci également de bien vouloir nous rendre compte chaque fin d'année des progrès accomplis sur les orientations par secteur de production de nourriture par un dispositif proche du rapport moral et financier des associations à buts non lucratifs. Enjeux liés à la chasse: Supprimer l' ensemble des petits prédateurs régulateurs de la liste des nuisibles dans toutes les préfectures(renard, martre, fouine, belette, hermine...) Les chasseurs doivent être encadrés afin d'être cantonner dans leur rôle de régulateur dans des périodes déterminées comme dans les réserves naturelles. Ils doivent respecter comme tout citoyen les directives européennes avec leur décret d'application les concernant. Contrôle de l'alcoolémie des chasseurs dont le comportement est parfois dangereux ou/et agressifs. retrait du permis de chasse en cas de consommation d'alcool détectée pendant une action de chasse (à pied ou en 4X4)

  3. Diriez-vous que votre vie quotidienne est aujourd'hui touchée par le changement climatique ?

    • Oui
  4. Si oui, de quelle manière votre vie quotidienne est-elle touchée par le changement climatique ?

    1.Le prix de la nourriture lorsque les conditions climatiques ne permettent pas de mener à bien des cycles naturels. Exemple un printemps précoce suivie certaines années de gelées tardives: en Alsace peu de fruits récoltés en 2017 en raison de ce phénomène (mirabelles, cerises). Tempête et pluie intense également en Alsace au printemps 2016 si remarquable qu'un habitant de Rosenau dans le Haut-Rhin a été interrogé par un journaliste de France Inter: nombreuses interventions de pompiers pour des maison inondées lors de cette nuit d'orage. 2. L'habitat est de moins en moins adapté au dérèglement climatique ( fortes chaleur) et à l'accroissement de la population (immeuble à forte densité / pollution sonore). Les aides liées à l'amélioration de l'habitat sont inégales d'une région ou d'un département à un autre pour une même région (exemple: aide importante accordée en Saône et Loire et inexistante en Côte d'Or) 3- amélioration dans la création et la conception de l'habitat par une élaboration plus ambitieuse des projets: Adoucisseur d'eau commun en copropriété (durée de vie plus grande des appareils électroménagers = moins de déchets), panneaux solaires, simplification des formalités liés à des choix vertueux (exemple: installation de chaudière à basse consommation sans vote préalable en AG pour percer les murs)...

  5. À titre personnel, pensez-vous pouvoir contribuer à protéger l'environnement ?

    • Oui
  6. Si oui, que faites-vous aujourd'hui pour protéger l'environnement et/ou que pourriez-vous faire ?

    Au préalable, je ne considère pas "protéger l'environnement", je tente de moins le dégrader: "le peu que l'on peut faire, il faut le faire". Pour cette raison, je pratique la plupart de mes déplacements domicile travail (15km A/R) à bicyclette, en car et trottinette. Je loue une voiture ponctuellement dans le cadre de l'autopartage (Réseau Citiz). Depuis trois ans sans utiliser de voiture personnelle mais considérant qu'une infime minorité a basculé vers des méthodes alternatives de déplacement, je vais bientôt reprendre une automobile (une essence avec 115gr de CO2 au Km). J'ai boycotté les voyages en avion pendant 8 ans mais dans cette période, le nombre de passagers transportés par an dans l'aéroport de Bâle Mulhouse est passé de 2 Millions à 5. Il a dépassé les huit millions en 2018 alors j'ai depuis 5 ans repris l'avion, ce sacrifice semblant inutile. J'ai acheté fin 2015 un appartement en BBC orienté sud /ouest et j'ai relevé hier une accumulation de 400 M3 de gaz au sortir du 4 ème hiver. Je pourrai faire encore plus mais je dois être encouragé par l'offre. prenons l'exemple des trains Suisses, certaines correspondances sont en vis à vis avec une attente de 10 à 15 minutes. Le cadencement des trains est également assez élevé pour permettre des retours tardifs (Minuit à Bàle). Pour comparer, le samedi soir, le dernier train de Strasbourg permettant de revenir à la frontière avec Bâle est celui de 21h21: la soirée est très courte. Le problème lorsque nous ne sommes pas contraints financièrement de prendre l'option la plus vertueuse pour l'environnement, nous nous regardons entre citoyens: qui commence le premier à se sacrifier pour éviter de polluer les autres?

  7. Qu'est-ce qui pourrait vous inciter à changer vos comportements comme par exemple mieux entretenir et régler votre chauffage, modifier votre manière de conduire ou renoncer à prendre votre véhicule pour de très petites distances ?

    Un phénomène d'encouragement financier pour des frais réels inversés. En lieu et place de réduire l'impôt pour les personnes venant en véhicule motorisés sous prétexte qu'elles s'acquittent déjà des taxes sur le carburant et notamment la TVA, le réduire pour ceux adoptant des méthodes de déplacement alternatives à la voiture personnelle. Limiter plus les frais réels pour les impôts sur le revenu (nombre de kilomètres, accessibiilté des transports en commun) La limitation à 80 km/h est une bonne décision, en été le périphérique de Grenoble est fréquemment limité à 70 en raison des pics de pollution, la plupart des automobilistes jouent le jeu. Cette mesure ne semble pas un grand sacrifice mais pourtant elle semble insupportable à bons nombres. Je pratique déjà le minimum impact en me posant la question du déplacement, de l'achat de nourriture, des lieux de vacances mais je recherche le temps nécessaire pour aller plus loin dans chaque domaine:"extension du domaine de la lutte" appliquée à la vie quotidienne "du lit au lit". Chaque incitation culturelle ou financière est la bienvenue car depuis trente ans de bonne volonté, on finit par se lasser d'être parmi les pionniers avec le sentiment que la cavalerie tarde à venir...

  8. Quelles seraient pour vous les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier pour vous inciter à changer vos comportements ?

    Pour les déplacements vers le travail, une fréquence de bus développée pour desservir les petites communes rurales et une amplitude horaire dépassant 20h le soir. Pour encourager les "conversions" cyclistes, des pistes cyclables sécurisées attractives en site propre comme celles sillonnant l'Ile de Ré ou en milieu déjà urbanisé , des pistes séparées de la chaussée. Le cycliste se sent en danger lorsqu'il participe au ralentissement des voitures au niveau des chicanes notamment.

  9. Par rapport à votre mode de chauffage actuel, pensez-vous qu'il existe des solutions alternatives plus écologiques ?

    • Oui
  10. Si oui, que faudrait-il faire pour vous convaincre ou vous aider à changer de mode de chauffage ?

    1- Je suis lié à une copropriété récente, le promoteur n'a pas été assez ambitieux dans son projet, aucune installation permettant de récupérer l'énergie solaire si ce n'est les baies vitrées. Le changement de méthode de chauffage est une problématique qui n'est parfois pas seulement liée aux encouragements financier. Si les communes imposent des "éco conditions" avant d'accorder un permis de construire, l'offre sera plus importante. Les appels d'offres en matières de construction devraient être conditionnées aux mieux disant en terme d'impact sur l'environnement et non aux moins disant financiers.

  11. Avez-vous pour vos déplacements quotidiens la possibilité de recourir à des solutions de mobilité alternatives à la voiture individuelle comme les transports en commun, le covoiturage, l'auto-partage, le transport à la demande, le vélo, etc. ?

    • Oui
  12. Si oui, que faudrait-il faire pour vous convaincre ou vous aider à utiliser ces solutions alternatives ?

    Je ne connais qu'un moyen simple, le financement des pratiques vertueuses par un système de pointage par exemple et des bonus malus modulés en fonction des possibilités de chacun, il peut être sous forme de temps accordé ou financier. Le grand débat n'est pas un lieu de dénonciation mais je ne sais comment encourager 8 collègues habitant certains à 800 m d'autres à 1km environ de se rendre au travail avec d'autres méthodes que leur "petite auto", ils ne viennent en trottinette ou vélo que lorsque leur automobile est en panne, Parfois les automatismes sont très puissants et ne concernent pas seulement les habitants d'une lointaine périphérie. Je me souviens d'une question que les automobilistes posaient régulièrement aux policiers municipaux de la ville de Nantes avant de se garer le soir dans les voies pourtant piétonnes:" allez-vous verbaliser?"Ils étaient déjà conscients de l'interdiction mais seul le signal de la verbalisation semblait les motiver.

  13. Si non, quelles sont les solutions de mobilité alternatives que vous souhaiteriez pouvoir utiliser ?

    • L'auto partage
    • Le transport à la demande
    • Le vélo
    • Les transports en commun

    Autre : La trottinette.

    L'auto partage Les transports en commun Le vélo Le transport à la demande La trottinette.

  14. Et qui doit selon vous se charger de vous proposer ce type de solutions alternatives ?

    Les collectivités locales encouragées par des dotations d'états en fonction des résultats.

  15. Que pourrait faire la France pour faire partager ses choix en matière d'environnement au niveau européen et international ?

    La France envoie un très mauvais signal au niveau européen en continuant de tirer sur des espèces protégées par la convention de Berne: la population de 400 loups sur l'arc alpin doit être préservée puisqu'elle n'a pas atteint selon les études scientifiques un stade de pour être génétiquement viable. Les pays de l'Union devraient communiquer sur les expérimentations locales donnant des résultats. Le financement serait ensuite fonction des bénéfices observés lors de ces partages d'informations. La France pour conserver sa crédibilité en matière d'environnement doit aussi stopper les grands projet destructeurs: Exemple le plus frappant, "La montagne d'or en Guyane Française est une menace pour ce biotope précieux, impossible d'effacer les dommages engendrés par ce type d'extraction. Le stade de la forêt primaire est le plus abouti en matière de biodiversité, aucun besoin ne peut justifier une telle destruction: cf l'émission sur France Inter "Comme un bruit qui court" https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-02-mars-2019 la mine industrielle Montagne d’or (en plein cœur de la forêt tropicale) est toujours dans le collimateur de 70% des habitants" Le meilleur moyen pour partager ses choix est de montrer l'exemple par le courage d'abandonner ces projets qui appartiennent au "vieux monde" de l'extraction et de la dévastation. Le gouvernement actuel a eu la sagesse de stopper le projet d'aéroport de NDDL, il doit continuer dans cette voie pour Europa City, le GCO de Strasbourg et bien sûr la mine d'or en Guyane. Nous demandons la modernité d'un vrai projet de vie capable de nous donner de l'entrain.

  16. Y a-t-il d'autres points sur la transition écologique sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

    La France ne peut donner des leçons de protection de l'environnement si elle même ne respecte pas la convention de Berne . L'exemple du loup infra est le plus parlant pour le grand public, il s'agit d'une espèce bouclier: elle représente bien plus que son propre rôle dans la pyramide de l'alimentation. Quels messages pouvons nous ensuite porter aux africains dont les populations de grands prédateurs sont en déclin (cf étude sur les populations de lions en Afrique de l'Ouest)? La transition écologique ne doit pas se contenter d'être une nouvelle version du développement durable mais doit se concrétiser par un message clair sur les impératifs de l'intérêt général pour le long terme. Pour finir voici les objectifs de Natura 2000 pris sur le site de l'agence française pour la biodiversité. http://ct78.espaces-naturels.fr/natura-2000-0 " Définition des objectifs : Conserver ou rétablir dans un état favorable à leur maintien à long terme les habitats naturels et les populations des espèces de faune et de flore sauvages qui ont justifié la désignation du site Natura 2000. Eviter la détérioration des habitats naturels et les perturbations de nature à affecter de façon significative les espèces de faune et de flore sauvages qui ont justifié la désignation du site Natura 2000. Dispositif permettant d'atteindre les objectifs : Les mesures permettant d'atteindre les objectifs ainsi définis sont prises dans le cadre de contrats ou de chartes Natura 2000 ou en application de dispositions législatives, réglementaires et administratives, notamment celles relatives aux parcs nationaux, aux réserves naturelles, aux biotopes, aux sites classés ou encore à la police de la nature. Un document d'objectifs (DOCOB) définit pour chaque site, les orientations et les mesures de gestion et de conservation des habitats et des espèces, les modalités de leur mise en œuvre et les dispositions financières d'accompagnement." Quelle cohérence si l'on cherche à détruire des espèces en parallèle avec des programmes de protection. L'ambition pour la France ne doit pas reculer devant quelques éleveurs véhéments: le vrai danger pour l'élevage ovins en France restant les accords de l'OMC et le prix de la viande au kilo. Bien sûr la filière ne peut pas être abandonnée brusquement mais avec pédagogie, il est nécessaire de bien faire comprendre que les massifs montagneux ne sont pas réservés pour les estives. L'intérêt général doit primé avant les intérêts particuliers. Un patrimoine naturel riche et diversifié est sans conteste un intérêt général.