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Cahier de doléances

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Contribution n° 419322

  1. Quelles sont toutes les choses qui pourraient être faites pour améliorer l'information des citoyens sur l'utilisation des impôts ?

    Il y a un moment où les citoyens doivent se prendre par la main et aller chercher l'info eux-même... Grâce à internet (les choses étaient bien différentes avant) tout est réellement public. Il faut continuer cette révolution. Maintenant lire brut un rapport financier ou les comptes de la sécu est difficilement faisable par tout le monde. Deux pistes. La première, fondamentale au point qu'il est surprenant que ce ne soit pas une évidence : ça devrait être au programme de l'école obligatoire. On garde les enfants sur les bancs de l'école de 3 ans à 16 ans pour former avant tout des citoyens (et pas des travailleurs, comme on le croit souvent). Il faut absolument que la circulation des flux financiers entre imposables et multiples organismes publics bénéficiaires d'une part, cotisants et sécurité sociale d'autre part, soit abordée, chaque année, en fonction du niveau des élèves. Travailler sur une fiche de paie par exemple, pour aborder tout notre système de sécurité sociale, ne demande que la compétence mathématique du pourcentage (programme de 6ème). Travailler sur la base et l'assiette des différents impôts également. Il faut faire travailler les élèves sur des documents et des situations réelles et concrètes pour qu'ils s'approprient ces questions et soient capables, tous, de comprendre réellement les débats publics. Deuxième piste : je ne connais pas d'émission de télévision qui aborde cette question des flux financiers publics. Abrupt, certes. Mais nous finançons une télé publique pour ça non ? Trop d'émissions nous jettent dans un débat polémique, alors même que les questions de fond ne sont maîtrisées par aucun des participants. Certaines émissions ont pourtant réussi à exposer des faits compliqués simplement et à séduire un public restreint, mais fidèle (le dessous des cartes notamment). Donc c'est possible... Il faut y aller à petites doses régulières, avec forces illustrations, diagrammes, camemberts colorés, objectivité et liberté de ton.

  2. Que faudrait-il faire pour rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ?

    Idéalement il faudrait prélever tout revenu dépassant un certain seuil par individu, à définir assez haut mais à tenir. Et déchoir de la nationalité française toute personne se domiciliant à l'étranger pour des raisons de fiscalité. Je serais curieuse de voir combien de riches français fuiraient à l'étranger, et les conséquences sur l'économie... On a des études là-dessus ??? Sondage chez les très riches, évaluation de la part réelle qu'ils prennent à l'économie du pays...

  3. Quels sont selon vous les impôts qu'il faut baisser en priorité ?

    Aucun, il faut arrêter avec l'idée qu'on paie trop d'impôts. Celui qui paie beaucoup gagne beaucoup, pas de quoi pleurer.

  4. Afin de financer les dépenses sociales, faut-il selon vous...

    • Reculer l'âge de la retraite
    • Revoir les conditions d'attribution de certaines aides sociales

    Autre : Travailler sur le coût des médicaments vendus par les labos : l'argent de nos cotisations, c'est eux qui le touchent le plus abusivement. Promouvoir l'homéopathie : ça ne coûte presque rien et c'est extrêment efficace, quoi qu'en disent les lobbies. Il faut adapter les protocoles d'évaluation des médicaments à ce moyen.

  5. S'il faut selon vous revoir les conditions d'attribution de certaines aides sociales, lesquelles doivent être concernées ?

    La retraite. Il faut rappeler que la retraite est une aide sociale. Il faut revenir à nos fondamentaux : il est anormal que des gens en pleine santé s'arrêtent de travailler pour vivre sur le dos des autres simplement parce qu'ils ont atteint un certain âge ou cotisé un certain temps. Nos ancêtres ont créé ce système pour sortir décemment du monde du travail des grabataires, pas pour alimenter le tourisme de masse ou le commerce de voitures neuves. Il faut développer le système de l'évaluation de la dépendance (système des GIR) et l'appliquer à toute demande de retraite qui ne devrait être acceptée qu'à partir d'un certain seuil d'atteinte par l'âge. En parallèle, il est crucial d'améliorer grandement le monde du travail en valorisant la participation de chacun (moins de mépris, de concurrence agressive et d'exploitation d'autrui) et en réduisant le temps de travail pour le rendre moins pénible aux personnes vieillissantes, pour permettre aux parents d'élever leurs enfants, etc).

  6. Quels sont les domaines prioritaires où notre protection sociale doit être renforcée ?

    L'aide sociale aux mineurs et aux femmes victimes de violence reste trop faible ; les handicapés ne sont pas suffisamment indemnisés alors qu'ils subissent leur handicap, n'y ont aucune responsabilité ; enfin toute personne à la rue devrait immédiatement être secourue et suivie par une action de réinsertion sur le long terme.

  7. Pour quelle(s) politique(s) publique(s) ou pour quels domaines d'action publique, seriez-vous prêts à payer plus d'impôts ?

    Pour tout ce que j'ai mentionné au-dessus. Mais bon, il y a un moment où il faut arrêter de dire qu'il faut plus d'argent. Il faut peut-être surtout changer les manières de faire. Embaucher, par exemple, des gens plus qualifiés et plus motivés pour la mise en oeuvre de ces politiques. Ce n'est pas forcément un surcoût : j'ai travaillé dans le secteur social public, et je n'ai pu que constater la quantité de gens payés à ne pas faire grand chose, ou à mal faire, car travaillant là à contre-coeur. Problème du statut des fonctionnaires ? Des choix de recrutement ? De l'évaluation des politiques publiques ?

  8. Y a-t-il d'autres points sur les impôts et les dépenses sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

    Monsieur Macron, pour être à la fois juste et efficace, au sujet de la fin de l'ISF, c'est un moratoire qu'il fallait décider. Avec une période strictement définie, et un mode d'évaluation également, défini et public. Ainsi les bénéficiaires auraient eu à prendre tout de suite de bonnes habitudes pour s'assurer du maintien de cette suspension. Tout le monde aurait été suspendu à cette expérimentation de macro-économie... et à la fin on aurait pris la juste décision, celle de l'efficacité économique. Là pour de vrai, si en 2022 on doit conclure que cette conversion était une erreur, Monsieur Macron, vous nous rétablissez l'ISF avant de partir ?