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Cahier de doléances

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Contribution n° 211656

  1. En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?

    On fait confiance à ceux qui nous semblent proches - et les élus ne le sont pas forcément. Les maires, par définition élus locaux, sont possiblement ceux à qui on peut faire le plus confiance.

  2. En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?

    • Oui
  3. Si oui, à quel type d'associations ou d'organisations ? Et avec quel rôle ?

    A tout type d'associations avec des acteurs de terrain. Un des reproches récurrents faits aux personnalités et institutions politiques est la distance, le fossé, le Grand Canyon, qui peuvent séparer les politiques du quotidien réel du reste de la population. Il est nécessaire que les hommes et femmes qui écrivent, votent et appliquent les lois, soient bien informés des enjeux réels des différents sujets dont ils débattent. Et cela, non pas seulement par des chiffres et autres sacro-saints index de performance, mais aussi par un contact avec celles et ceux qui seront les plus affectés par ces lois. Les associations et les organisations syndicales et professionnelles peuvent avoir ce rôle de rapprocher les politiques de la population générale. L'avantage supplémentaire serait une pédagogie à double sens : expression argumentée des réalités et enjeux de terrain de la part des associations et organisations syndicales et professionnelles, expression argumentée des prévisions d'impact des réformes de la part des politiques. Et si celles et ceux qui seront les plus affectés par ces lois sont uniquement des groupes d'actionnaires, des lobbies, et des multimillionnaires, sans affecter positivement le reste de la population, vous n'êtes pas en train d'écrire les bonnes lois.

  4. Que faudrait-il faire pour renouer le lien entre les citoyens et les élus qui les représentent ?

    Que les élus montrent qu'ils travaillent pour l'ensemble de leurs électeurs et pas pour un sous-ensemble. En d'autres termes, qu'ils servent les intérêts de tout ceux qui les ont élus, et non pas seulement leurs propres intérêts ou ceux de leurs amis ou ceux de leur classe socio-professionnelle. Par ailleurs, les élus ont un certain devoir d'exemplarité, histoire de ne pas tomber dans l'hypocrisie d'écrire la loi mais de ne pas la suivre. Cette exemplarité rendrait confiance aux citoyens et aiderait à renouer ce lien entre élus et électeurs. Cela peut se faire par la mise en place de sanctions en cas de d'absences répétées et non justifiées pour les députés lors de vote, d'obligation de présence à l'Assemblée/au Sénat, à l'obligation d'avoir un casier judiciaire vierge pour être éligible, à la perte à vie de l'éligibilité en cas de condamnation pour des faits commis pendant un mandat... De plus, si la vie politique pouvait se retenir d'être un théâtre complet, cela aiderait également. Rejeter une idée pour la seule raison que celui ou celle qui l'a proposé n'a pas la bonne couleur politique est tout simplement stup... déraisonnable.

  5. Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est :

    • Une bonne chose
  6. Pourquoi ?

    Parce que les exigences d'un mandat sont telles qu'en cumuler deux est un tâche qu'il est improbable de mener à bien. Il vaut mieux faire une chose bien que deux choses mal.

  7. Que faudrait-il faire pour mieux représenter les différentes sensibilités politiques ?

    L'introduction de proportionnel (par exemple sur un tiers des sièges à pourvoir) aiderait à le faire.

  8. Que pensez-vous de la participation des citoyens aux élections et comment les inciter à y participer davantage ?

    La faible participation des citoyens aux élections est à mon avis principalement liés à deux sentiments : 1) le sentiment de ne pas trouver un candidat qui convienne 2) le sentiment que voter ne servira à rien puisque les élus représentent mal les électeurs. La reconnaissance du vote blanc peut grandement aider au point numéro 1 (cf également ma réponse sur cette question), et le point numéro 2 peut être contrecarré par une plus grande transparence et un exemplarité des élus (cf ma réponse sur le lien élus-électeurs). Par ailleurs, le mode de scrutin a une influence certaine sur ces sentiments. Le scrutin majoritaire des élections présidentielles à deux tours, où "au premier on choisit et au deuxième on élimine", est loin d'être un bon mode de scrutin pour élire un représentant qui fasse consensus. Il pourrait être substitué par un mode de scrutin par *jugement majoritare*, qui est résistant au vote "stratégique" et permet de juger les candidats séparément. Ce mode de scrutin pourrait bien sûr être testé d'abord sur d'autres types d'élections.

  9. Faut-il prendre en compte le vote blanc ?

    • Oui
  10. Si oui, de quelle manière ?

    Compter les votes blancs, la première étape de la prise en compte, est déjà acquis depuis 2014. Ce qu'il est important de faire à présent, c'est que le nombre final de votes blancs soit intégré en tant que suffrages exprimés. Un vote blanc, c'est un vote exprimé. C'est exprimer la déception que n'avoir trouvé aucune proposition acceptable dans la liste de celles qui se déroulent devant vous. C'est avoir fait son devoir de citoyen en venant jusqu'aux urnes mais dans l'isoloir ne trouver aucun bulletin que l'on souhaite glisser dans l'enveloppe. En plus de cela, un haut pourcentage de votes blancs devrait avoir une incidence sur l'élection. Par exemple, si les votes blancs ramènent plus de 50% des votes exprimés, l'élection est jugée nulle (plus de 50% des votants ont estimé qu'aucun candidats ne leur convenait) et doit être menée de nouveau avec au moins un candidat différent.

  11. Que faudrait-il faire aujourd'hui pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ? Comment mettre en place une démocratie plus participative ?

    Des sollicitations sur le principe du Grand Débat pourraient être pérennisées. Par exemple, une PLATforme d'Opinion Nationale (oui je sais ça fait "Platon" - c'est fait exprès) qui permettrait de donner en ligne son opinion sur certains sujets. Mais il faudrait que contrairement au Grand Débat, le débat ne soit pas orienté en imposant les questions abordées et une courte liste de réponses possibles.

  12. Faut-il faciliter le déclenchement du référendum d'initiative partagée (le RIP est organisé à l'initiative de membres du Parlement soutenu par une partie du corps électoral) qui est applicable depuis 2015 ?

    • Oui
  13. Si oui, comment ?

    Le référendum d'initiative partagé tel que défini actuellement par la loi repose sur un mécanisme de proposition tellement restrictif qu'il est à l'heure actuelle parfaitement inutile. Le référendum d'initiative partagé pourrait cependant aisément être remplacé par un référendum d'initiative *populaire*. Plutôt que de devoir venir du Parlement (ne serait que d'un cinquième de celui-ci), il pourrait venir de la population générale (avec un nombre minimum de signataires plus faible que la borne actuelle de 10% des électeurs inscrits). Plutôt que de limiter la matière de la proposition, son sujet pourrait être sans contrainte.

  14. Que faudrait-il faire pour consulter plus directement les citoyens sur l'utilisation de l'argent public, par l'Etat et les collectivités ?

    Même réponse qu'à la question sur la démocratie participative.

  15. Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

    Virez nous ce 49-3 qui n'a rien à faire dans une démocratie.