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Cahier de doléances

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Contribution n° 232517

  1. En qui faites-vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société et pourquoi ?

    La réponse est délicate. Le faible renouvellement du personnel politique peut laisser penser qu'entre gens de bonne compagnie (et qui se connaissent depuis longtemps) peut s'instaurer des relations particulières qui conduisent à des actes et des attitudes qui nuisent à la confiance que l'on peut porter aux élus. Je pense que les maires sont ceux sont, par leur proximité, ceux qui peuvent nous représenter le mieux dans la société. Les élus nationaux sont pour moi les plus éloignés, et surtout, leur positionnement est caricatural. Leurs votes sont fonction non pas nécessairement de ce qu'ils pensent, ou ce que pensent les citoyens (sinon, peu auraient voté la modification de l'assiette de l'ISF !), mais seulement en fonction de leur appartenance. Je pense que les citoyens ont des avis moins tranchés sur de nombreuses questions, mais la représentation nationale, et dans une moindre mesure, la représentation régionale et départementale, donne une image caricaturale qui accroit les tensions au sein de la société.

  2. En dehors des élus politiques, faut-il donner un rôle plus important aux associations et aux organisations syndicales et professionnelles ?

    • Oui
  3. Si oui, à quel type d'associations ou d'organisations ? Et avec quel rôle ?

    On voit avec la crise des Gilets jaunes, dont on ne sait pas comment sortir, l'importance des syndicats. Il serait nécessaire de redonner de l'importance aux syndicats, et inciter les salariés à adhérer à ceux-ci. En effet, ceux-ci ne sont plus suffisamment représentatifs (contrairement à l'ALLEMAGNE). Cela suppose néanmoins que ceux-ci abandonnent certaines positions dogmatiques (au moins pour certains, y compris le MEDEF), et arrivent à travailler en bonne intelligence pour l'intérêt commun. Nous n'avons pas cette culture du dialogue et du compromis, ce qui débouche sur des situations de tensions extrêmes qui sont nuisibles.

  4. Que faudrait-il faire pour renouer le lien entre les citoyens et les élus qui les représentent ?

    De la probité (même si elles sont peu nombreuses, trop d'affaires éclaboussent encore la politique). De la proximité : au lieu d'attendre les citoyens dans leur permanence, les élus devraient organiser plus de réunions dans les communes qui composent leurs territoire. Du courage politique : oser voter contre un projet présenté par sa majorité si on l'estime mauvais. De la transparence : les assemblées (toutes d'ailleurs) devraient (si ne n'est déjà fait ?) proposer sur leur site une fiche d'activité des élus : nombre de séances plénières, combien de temps ont-ils siégé, combien de lois et d'amendements ont-ils voté ? Quel nombre de propositions de loi ou d'amendements ont-ils déposé ? Dans quelles commissions siègent-t-ils et quelle ont été leurs contributions ? Combien de collaborateurs ont-ils ? Quelles sont leurs dépenses ?

  5. Le non-cumul des mandats instauré en 2017 pour les parlementaires (députés et sénateurs) est :

    • Une bonne chose
  6. Pourquoi ?

    On ne voit pas comment il est humainement possible de cumuler des fonctions à des postes qui nécessitent aux dires des parlementaires, un investissement extrêmement chronophage. Le cumul ne pourrait éventuellement se concevoir qu'à la condition expresse que ne soient pas cumulées les indemnités de représentation. Le non-cumul présente néanmoins un inconvénient : lorsqu'il est battu et perd son statut, l'ancien élu se retrouve sans ressources. Cette relative précarité n'incite pas à prendre des décisions susceptibles de déplaire à la majorité des citoyens ; en effet, personne ne souhaite perdre son emploi. Or, être un homme ou une femme politique, ce n'est pas un métier. Il faut donc réfléchir au statut de l'élu, et aux moyens de le réinsérer dans la vie civile dont il est normalement issu.

  7. Que faudrait-il faire pour mieux représenter les différentes sensibilités politiques ?

    La proportionnelle est le seul moyen permettant de faire en sorte que l'ensemble des sensibilités politiques présentent dans les opinions des individus se retrouvent dans la représentation nationale. Certains craignent une instabilité politique. Si tel est le cas, c'est parce qu'en FRANCE nous n'avons pas suffisamment la culture du compromis et du dialogue. Celui qui a la majorité dispose des pleins pouvoirs, faute d'avoir en face de lui de vrais contre-pouvoirs. Cela éviterait les mouvements de balanciers, que ce soit en matière de justice, de sécurité ou de fiscalité.

  8. Si oui, lesquels ?

    Pour moi, la vraie question est : à quoi servent les élus ? quelle est leur contribution réelle ? Quel rôle doivent-ils jouer ? Si la motivation de la réduction du nombre d'élus est simplement une question d'économies, alors c'est la plus mauvaise excuse qui soit. Maintenant, si les élus doivent être au contact des citoyens aussi bien pour expliquer la politique suivie que pour comprendre les aspirations des citoyens, alors leur nombre est nécessaire. Maintenant, comment nous situons-nous par rapport à la moyenne européenne ? Mais si on se rend compte que les assemblées tournent en permanence avec un tiers de leurs effectifs, alors oui, il n'y a aucune raison de maintenir le nombre d'élus à ce niveau.

  9. Que pensez-vous de la participation des citoyens aux élections et comment les inciter à y participer davantage ?

    La démocratie est fragile, et si voter est un droit, c'est aussi un devoir. Il faudrait probablement modifier les habitudes de vote, permettre de voter sur deux jours, dont un jour qui ne soit pas nécessairement un dimanche. ou alors, il serait souhaitable de constituer une fichier national des électeurs, consultable en ligne, ce qui permettrait aux électeurs de voter n'importe où ils se trouvent le jour du vote.

  10. Faut-il prendre en compte le vote blanc ?

    • Non
  11. Si oui, de quelle manière ?

    J'avoue que c'est extrêmement délicat. Je ne pense pas que le vote blanc puisse être intégré dans toutes les élections des assemblées (en cas d'élection présidentielle, si le vote blanc est majoritaire, que fait-on ? on attend qu'un homme ou une femme providentiel apparaisse comme le sauveur ?). Par contre, lors du vote des assemblées, Le vote blanc pourrait être le signe que les élus, sans adhérer au projet présenté, ne l'approuvent pas pour autant. Et au-delà d'un certain seuil, le projet ou la proposition de loi seraient ajournés, dans l'attente de modifications permettant aux élus de prendre position. Encore faudrait-il que ceux-ci votent en leur âme et conscience et non en fonction de leur stricte appartenance à une famille politique, quelle qu'elle soit, comme c'est le cas aujourd'hui, toute famille politique confondue.

  12. Que faudrait-il faire aujourd'hui pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ? Comment mettre en place une démocratie plus participative ?

    Je pense que c'est une véritable aspiration, mais nous ne sommes pas habitués à cela. Il faut malgré tout éviter que la démocratie représentative ne soit remise en cause. Je pense que des citoyens, tirés au sort, pourraient se voir présenter les projets de loi, et donner leur avis, émettre des critiques, donner leur avis sur la communication donnée à telle ou telle loi.

  13. Faut-il faciliter le déclenchement du référendum d'initiative partagée (le RIP est organisé à l'initiative de membres du Parlement soutenu par une partie du corps électoral) qui est applicable depuis 2015 ?

    • Je ne sais pas
  14. Si oui, comment ?

    Je suis perplexe sur ce sujet, car nous ne sommes pas habitués, et le plus souvent, lors des précédentes consultations, les citoyens votent souvent non pas pour répondre à la question, mais pour ou contre la politique gouvernementale ! Par ailleurs, les sujets sont souvent complexes, et les communications sont souvent démagogiques, n'aidant pas les gens à se forger une opinion éclairée. Par ailleurs, le peuple a-t-il toujours raison ? S'il avait été consulté, aurait-il voté l'IVG ? la suppression de la peine de mort ? le mariage pour tous ? Quels sujets soumettre au référendum ? Il serait peut-être intéressant de tester la forme du référendum à questions multiples.

  15. Que faudrait-il faire pour consulter plus directement les citoyens sur l'utilisation de l'argent public, par l'Etat et les collectivités ?

    Déjà, il faudrait que les rapports des Cours des comptes soient suivis d'effet. Ensuite, il ne s'agit pas d'argent public mais d'argent DU public. Il faut également que les personnes qui engagent les fonds du public soient pénalisés lorsqu'ils commettent des fautes, car vu de l'extérieur, on a l'impression d'un certain sentiment d'impunité. Il faudrait que les citoyens disposent d'un droit de veto, lorsqu'ils estiment un projet incomplet, et que ce droit de véto déclenche une consultation plus large des citoyens. A défaut d'être mises en oeuvre sur le plan national, on pourrait les envisager depuis la commune jusqu'à l'échelon régional. Il serait souhaitable de faire un examen complet de toutes les structures, hautes autorités, hauts commissariats, et autres Comités et Commissions en tout genre, évaluer leurs actions et les supprimer lorsqu'elles s'avèrent inutiles ou insuffisamment utiles.

  16. Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ?

    Mais, le Sénat n'est-il pas déjà censé représenter les territoires ? Donc il suffit que le Sénat soit à sa place et joue son rôle. Le Conseil Economique, Social et Environnemental doit proposer des vision à longs termes pour le pays, qui soient des points de repères pour les gouvernements successifs. J'ai en effet l'impression, et je suppose que je ne suis pas le seul, que les gouvernements ont une vision trop court terme de la gestion du pays. Une nation, cela se construit à horizon de 25 ans. Il me semble qu'une partie des difficultés que nous rencontrons vient du fait que nous agissons sur le plan comptable parce contraints par nos déficits, mais sans évaluer les conséquences de nos actions à long terme.

  17. Faut-il les transformer ?

    • Non
  18. Que proposez-vous pour renforcer les principes de la laïcité dans le rapport entre l'Etat et les religions de notre pays ?

    La laïcité, tel que je crois elle est perçue, vise à poser comme principe que les religions n'ont pas à interférer dans la gestion de l'Etat, et qu'en retour, l'Etat ne mêle pas de la vie des religions, tout en garantissant à tous la possibilité d'exercer leur foi librement et sans crainte. Mais ces principes remontent au début du siècle dernier, où la question se posait essentiellement il me semble de la séparation des affaires civiles et religieuses, à un moment où la religion très majoritairement présente était le catholicisme, religion anciennement implantée et organisée, avec un clergé et un chef religieux qui faisait autorité. En un siècle, les choses ont bien changé et l'émergence de l'islam, dont l'organisation est très différente, bouscule cette vision. De par le principe de la laïcité, on a laissé les musulmans s'organiser tant bien que mal. Résultat, il manque de lieux de cultes dignes, certains sont financés par des organismes émanant d''états étrangers qui ne sont pas nécessairement très démocratiques, et les imams qui prêchent n'ont parfois qu'un vernis de théologie... quand ils ne viennent pas de ces théocraties qui ne partagent qu'un minimum de valeurs avec notre société. Il paraît aujourd'hui nécessaire que l'Etat prenne les dispositions nécessaires pour mettre en place les institutions permettant de former des imams français, partageant les valeurs de la République, et qui prêchent un islam conforme à ce qu'il est, c'est à dire une religion qui n'est ni plus ni moins réactionnaire qu'une autre. Le tout avec doigté et des trésors de pédagogie, pour bien faire comprendre à tous nos concitoyens de confession musulmane le bien fondé de cette démarche. En parallèle, il faut se doter, si ce n'est déjà fait, d'un arsenal législatif permettant d'expulser rapidement les imams dont les prêches (si le terme est adapté) sont incompatibles avec les valeurs de notre démocratie.

  19. Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

    Il faut regagner le terrain perdu. Aller dans les quartiers d'où la République s'est retirée, ou plus exactement, où elle n'est plus perçue comme le bien commun. Organiser des réunions. expliquer, expliquer encore et toujours que la liberté des uns commence où s'arrête celle des autres. Que nous sommes dans un pays qui n'est pas hostile au voile pas plus qu'il n'est hostile à la kippa, et que nous acceptons que les femmes se voilent dans la mesure où c'est une décision personnelle et non imposée, qu'il ne s'agit pas d'un signe de prosélytisme, et que sur la plage, soient aussi bien tolérées celles qui ne se découvrent pas que celles qui font seins nus. Par ailleeurs, la République devrait se rappeler que sa devise est égalité, liberté et fraternité, et qu'en matière d'égalité et de fraternité, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir et que la liberté est progressivement rognée, avec des lois (certaines très récentes contre les casseurs) qui font peser sur elle de vrais risques.

  20. Que faudrait-il faire aujourd'hui pour renforcer l'engagement citoyen dans la société ?

    Il serait souhaitable que soient instaurées des périodes durant lesquelles tous les citoyens et citoyennes se consacreraient à des missions civiles (soutien pédagogique aux enfants en difficultés, aux personnes âgées ou en situation de handicap), et ce, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie. Un espèce de service civique permanent.

  21. Quels sont les comportements civiques qu'il faut promouvoir dans notre vie quotidienne ou collective ?

    L'altruisme, le courage, l'héroïsme, le bénévolat (mais qui ne doit pas servir d'excuse au désengagement des pouvoirs publics)

  22. Que faudrait-il faire pour favoriser le développement de ces comportements civiques et par quels engagements concrets chacun peut-il y participer ?

    Il faut que l'école de la République joue son rôle, mais il est nécessaire d'y associer les parents. Nous vivons dans une société qui s'est fortement individualisée, et où l'entraide et la solidarité intergénérationnelle se sont délitées.

  23. Que faudrait-il faire pour valoriser l'engagement citoyen dans les parcours de vie, dans les relations avec l'administration et les pouvoirs publics ?

    Comme évoqué, la mise en place d'un service civique permanent au cours de la vie des personnes permettrait d'accroître l'engagement citoyen. Quant aux relations avec l'administration et les pouvoirs publics, il serait souhaitable que ceux qui agressent les agents de la fonction publique soient obligés de passer 24 ou 48 heures en leur présence pour mieux comprendre leurs difficultés.

  24. Quelles sont les incivilités les plus pénibles dans la vie quotidienne et que faudrait-il faire pour lutter contre ces incivilités ?

    Le vandalisme, les dégradations de l'environnement (jet de mégots de cigarettes, de détritus), le non respect du code de la route. Pour lutter contre ces phénomènes, il faut de la pédagogie dès le plus jeune âge.

  25. Que peuvent et doivent faire les pouvoirs publics pour répondre aux incivilités ?

    User des moyens modernes pour sanctionner les contrevenants (utilisation des caméras de vidéo surveillance pour traquer notamment les actes de vandalisme et de pollution) avec des peines de travaux d'intérêt général (nettoyage de tags, ramassage des déchets laissés dans l'environnement...)

  26. Quel pourrait être le rôle de chacun pour faire reculer les incivilités dans la société ?

    La question est : la délation est-elle une bonne ou une mauvaise chose ? Nous sommes tous témoins de ces actes qui altèrent notre cadre de vie. Dénoncer, oui, mais comment faire la part des choses entre le devoir citoyen et les heures sombres de notre pays ? Par ailleurs, ce sera la parole d'un citoyen contre un autre, sauf à ce que certains soient assermentés.

  27. Quelles sont les discriminations les plus répandues dont vous êtes témoin ou victime ?

    Je ne suis pas le mieux placé pour répondre à cette question.

  28. Que faudrait-il faire pour lutter contre ces discriminations et construire une société plus solidaire et plus tolérante ?

    Là encore, la pédagogie durant la scolarité est un élément prépondérant.

  29. Pensez-vous qu'il faille instaurer des contreparties aux différentes allocations de solidarité ?

    • Non
  30. Si oui, lesquelles ?

    La solidarité est le fait que la société prenne à sa charge une partie des inégalités. Elle intervient pour corriger. Je ne pense pas que les sanctions soient un système efficace. Par ailleurs, ce genre de mesure entretient le fait que les allocataires sont des profiteurs du système, et non les victimes. Au final, la mise en oeuvre de ces mesures serait probablement plus onéreuse que les bénéfices attendus.

  31. Que pensez-vous de la situation de l'immigration en France aujourd'hui et de la politique migratoire ? Quelles sont, selon vous, les critères à mettre en place pour définir la politique migratoire ?

    Il faut encore une fois voir l'évolution de son pays à une échelle de temps longue. L'immigration peut permettre de compenser les effets de la baisse de la natalité dans notre pays. Le vieillissement de la population et le fait que le taux de fécondité soit passé (et probablement durablement) en dessous de 2 enfants par femme pose la question du renouvellement des générations, et du poids de la charge de la dépendance. Il faut aussi avoir le courage de considérer l'immigration comme une chance... sous réserve d'avoir une politique volontariste, qui ne se limite pas à permettre aux immigrés de s'installer en FRANCE. Il faut une politique de répartition des personnes accueillis, pour éviter d'accentuer les effets de ghettoïsation. Il faut assurer une prise en charge, allant de l'apprentissage du français, de la découverte de ce qu'est la culture du pays d'accueil, non pour la faire sienne, mais pour leur permettre de s'adapter aux exigences du vivre en commun.

  32. En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?

    Liberté, égalité, fraternité. Il me semble qu'il y aurait une contradiction entre la devise et la mise en place de tels objectifs. Par ailleurs, s'agit-il d'objectifs quantitatifs ou qualitatifs ? Enfin quand je vois avec quelles difficultés et réticences nous accueillons quelques dizaines de réfugiés (alors que l'Allemagne en a accueilli plus d'un million, que la Jordanie en abrite plusieurs millions), j'ai honte pour nous.

  33. Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

    Les gens qui quittent leur pays ne le font que parce que les conditions de vie dans leur pays ne leur permettent pas de vivre, voire de survivre. Nous devons nous préparer aux défis futurs, car la multiplication des conflits, les migrations dues aux changements climatiques vont s'accélérer. Nous pourrons construire des murs, fixer des quotas, nous serons débordés car entre la certitude de mourir sur place, et l'espoir de vivre ailleurs, les gens choisiront toujours l'espoir. Nous devons donc d'ores et déjà nous projeter vers ces scénarios.

  34. Quelles sont, selon vous, les modalités d'intégration les plus efficaces et les plus justes à mettre en place aujourd'hui dans la société ?

    Nous regardons d'un oeil critique les immigrés qui conservent certains de leurs usages présents dans leur pays d'origine. Mais notre propre société a du mal à évoluer (cf le mariage pour tous, qui a fracturé la population), donc il faut comprendre que ce choc culturel soit difficile à surmonter. Je crois que le dialogue, l'écoute, la discussion sont les fondations. Ensuite, il faut effectivement disséminer les populations immigrés sur l'ensemble du territoire, pour montrer qu'il s'agit de gens comme les autres, qui aspirent à vivre en harmonie. Si on évite l'effet de masse, on diminuera les risques de racisme et de communautarisme.

  35. Y a-t-il d'autres points sur la démocratie et la citoyenneté sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

    La démocratie est finalement quelque chose de fragile. Nous aurions tort de croire que c'est quelque chose d'acquis. Nos élus doivent être les premiers à veiller à ne pas l'affaiblir par des discours réducteurs. Les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontés sont suffisamment graves pour ne pas les réduire à une approche simpliste.