Contribution n° 114294
- Consultation
- Grand Débat national
- Auteur
- Auteur #103861
- Date
Réponse 1455811
Que pensez-vous de l'organisation de l'Etat et des administrations en France ? De quelle manière cette organisation devrait-elle évoluer ?
Les services de l'Etat ne sont pas mal organisés mais ils souffrent d'une lourdeur inégale selon les endroits, les personnalités à la tête des collectivités territoriales. La population juge l'action publics selon deux critères : la présence physique sur le territoire et le délai de réponse. Pour être plus efficace et avoir une action visible pour l'usager, il conviendrait de multiplier les points de présence sur le territoire (agences, antennes) et réduire les échelons hiérarchiques à la tête des administrations pour privilégier le recrutement des agents opérationnels de terrain. Moins de chefs et plus d'agents de terrain. C'est la condition d'un retour la crédibilité.
Réponse 1455812
Selon vous, l'Etat doit-il aujourd'hui transférer de nouvelles missions aux collectivités territoriales ?
- Oui
Réponse 1455813
Si oui, lesquelles ?
L'aspect conjoint de certaines politiques (gestion des personnes âgées, handicapées par exemple) représente parfois un poids lorsque le conseil départemental (CD) à l'organisation pléthorique et aux agents parfois incompétents a tendance à se reposer sur le partenaire "Etat" pour faire le travail à sa place. Dans ce cas, pourquoi ne pas faire un audit des politique conjointes et décider de déterminer celles qui reviennent entièrement à l"Etat et celles de compétence exclusive conseil départemental .Cela permettrait d’accélérer le traitement des dossiers et de responsabiliser les acteurs ( Etat, CD) . Personne ne pourrait plus se cacher derrière l'autre.
Réponse 1455814
Estimez-vous avoir accès aux services publics dont vous avez besoin ?
- Oui
Réponse 1455815
Avez-vous déjà utilisé certaines de ces nouvelles formes de services publics ?
- Non
Réponse 1455816
Quelles améliorations préconiseriez-vous ?
Les maisons de service publics, les services publics itinérants et la prise de rendez-vous ne sont pas forcément de mauvaise idée à condition de recruter en nombre suffisant et que ces "nouvelles formes" soient pas le prétexte à demander à un agent de faire le travail de boulot de 5. Si polyvalence, il y a , elle doit être intégré dans le traitement but de l'agent.
Réponse 1455817
Quand vous pensez à l'évolution des services publics au cours des dernières années, quels sont ceux qui ont évolué de manière positive ?
Le service des impôts est remarquable d'efficacité. Ils répondent très rapidement par mail. Le seul rendez-vous que j'ai eu en me rendant au service des impôts a été rapide avec des agent compétents et agréables. Je ne suis toutefois pas du tout favorable à la dématérialisation à marche forcée car elle exclut les publics non connectés ( zones blanches, personnes âgées, personnes défavorisées) . L'exemple catastrophique de la dématérialisation de cartes grises doit servir de leçon. ( coût, délais de réponse interminables, cas particuliers intraitables car ne rentrent pas dans les cases, aucun contact humain.)
Réponse 1455818
Quels sont les services publics qui doivent le plus évoluer selon vous ?
L'Etat et les élites politique et technocratiques qui le composent doivent être les premiers à se remettre en cause et nuancer leur regard sur le fonction publique. Il doivent surtout renoncer à l'idéologie du "nouveau management public" selon lequel l'Etat doit être géré , comme une entreprise, en considérant la sous-traitance au privé comme un remède miracle. La mise en cessation de paiement de l'entreprise anglaise Carillon qui gérait en sous traitance nombre de services publics doit service d'exemple à ne pas suivre. Il faut que les élites politique cessent de considérer la fonction publique comme un coût mais au contraire comme une ressource, composée d'agents compétents et engagés au services des gens. L'incompétence ou la fainéantise de certains ne doivent pas être un prétexte pour clouer au pilori la majorité des agents qui ont à coeur de remplir leur mission. L'intérêt de l'Etat est d'assurer l'accès à des services publics à tous et de considérer chacun comme égal. Le service public n'est pas un marché. Pour être présent, il convient de créer des antennes dans les endroits les plus reculés, pourquoi pas doter le publics d'un agent référent qui ferait le relais avec les autres administrations. Attention, que cela ne soit pas un prétexte pour réduire encore les effectifs. La fonction publique souffre d'un déficit d'agents de terrain et d'une pléhtore de cadres dont la présence ne se justifie pas toujours. Si dans une agence déconcentrée/collectivité territoriale, un service est identifié comme surnuméraire, il faut accompagner les agents pour qu'ils occupent des postes vacants, sur le même lieu de travail.
Réponse 1455819
Faut-il donner plus d'autonomie aux fonctionnaires de terrain ?
- Oui
Réponse 1455820
Si oui, comment ?
Il faut avant tout définir des missions claires et former les agents à la polyvalence. Leur travail doit toutefois rester surpervisé par un chef de service aux compétences techniques plus affutées afin de s'assurer de ne pas commettre d'erreurs tout en profitant de cette supervision pour former les agents.
Réponse 1455821
Faut-il revoir le fonctionnement et la formation de l'administration ?
- Oui
Réponse 1455822
Si oui, comment ?
Concernant le fonctionnement, il conviendrait : -Conserver le recrutement au statut : Ce statut a été crée pour protéger les agents de l'arbitraire . Vouloir réintroduire cet arbitraire comme le souhaite le projet de réforme de la fonction publique constitue un danger de voir des managers venus du privé à prix d'or, se comporter comme ils veulent pour "casser la fonction publique" sur laquelle ils ont de gros préjugés. - cesser de sous-traiter les missions de la fonction publique à des entreprises privées incompétentes. Celles-ci se contentent de compiler des rapports rédigés par les fonctionnaires qu'ils sont censés éclairer sans aucune valeur ajoutée. Dans l'administration où je travaille, une boite informatique a facturé plus de 40 000 euros un tableau de suivi excel peu ergonomique, truffé de bugs. Or 40 000 euros représentent le salaire d'un agent de catégorie B pendant deux ans. Le bon sens voudrait qu'on privilégie le recrutement à un tableau excel. A l'heure où les finances sont contraintes, il convient de réduire la sous-traitance à des domaines dans laquelle la fonction publique n'a aucune expertise ( formation, point informatique très technique. - Limiter les niveaux hiérarchiques dans toutes les fonctions publiques et de privilégier l'embauche de personnels opérationnels pour réduire les lourdeurs qui décrédibilisent l'action publique. - Ne pas limiter la fonction publique à une supposée " élite" de cadres A parisiens ou autre au détriment des agents de catégorie B et C. . Ce n'est pas parce que des cadres conçoivent une politique publique que ceux qui la mettent en œuvre sont des décérébrés, tout juste bons à être promis à la précarité ( cf sous-traitance de services à venir) . Sans troupes , il n'y a pas de premier de cordée. Chacun est interdépendant et tous contribuent à la réussite de l'ensemble. - Si les postes évoluent vers de la polyvalence, former les agents et récompenser ces nouvelles compétences à travers un traitement but au point d'indice revalorisé et indéxé sur l'inflation. En deux ans et demi, mon poste a évolué de deux à cinq missions avec la polyvalence mais sans aucune reconnaissance salariale. Et après on dit que la fonction publique en sait pas s'adapter ! - Pour éviter que les grands corps soient déconnectés de la réalité, allonger de 2 à 10 ans l'obligation de service sur le terrain de tous les diplômés de l'ENA, quel que soit leur rang. -Pour éviter que les grand corps ne vendent leurs compétences au privé à peine formés, introduire une amende de 10000 euros par année non effectuée en deça des 10 années de services à ce jour obligatoires. A ce jour, il suffit de rembourser sa formation à l'ENA. ce n'est pas suffisant. - Rendre obligatoire une assemblée générale durant laquelle les administrations (d’état, collectivités territoriales et agences déconcentrées) rendent des comptes sur les orientations prises et celles à venir. Les agents pourraient questionner leurs dirigeants. Les orientations pourraient être soumises au vote afin que tous adhèrent au projet Concernant la formation : - Une fois l'agent recruté par concours, créer un sas de formation de deux mois entre cours théoriques et alternance sur son poste pour éviter de se former sur le tas - Favoriser la mixité sociale via des bourses pour passer les concours de l'IRA et de l'ENA. - Si un agent du privé est recruté à un poste de cadre, qu'il suive une formation sur les missions et les spécificités du service public car on ne gère pas un service public avec des oeillères de manager du privé.
Réponse 1455825
Comment l'Etat et les collectivités territoriales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté ?
Les deux peuvent créer des antennes dans les petites communes peu connectées et isolées quitte à être présent un jour par semaine, par roulement. Offrir une présence téléphonique 5 jours /7 de 8hà 17h. Créer un poste d'agent référent qui ferait le lien avec les services compétents pour traiter la demande. Ne pas faire du tout internet l'alpha et l"omega prétexte pour réduire les effectifs ou sous traiter le service du privé ( cf fiasco pour les cartes grises). Au contraire, créer des postes pour aider les gens sur tout le territoire, qu'il s'agisse d'une cité ou d'un petit village isolé. Le service public se mesure à la présente humaine qu'on offre.
Réponse 1455826
Y a-t-il d'autres points sur l'organisation de l'Etat et des services publics sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?
En matière de recrutement, il conviendrait : - Cesser de recruter des consultants à prix d'or, venus du privé et qui réinventent l'eau chaude. Ces recrutements effectués hors grille de la fonction publique sont coûteux, inutile et empêchent le recrutement de personnels opérationnels à même de faire tourner la machine. - Privilégier la promotion d'agents déjà en poste afin d'occuper les postes de cadres. Ils sont animés d'un véritable esprit de service public et disposent de l'expérience technique. - Plafonner les salaires dans la fonction publique à 120 000 euros par an brut, primes comprises. Cette limite s'appliquerait à tous, quel que soit le statut (statuaire ou contractuel, haute fonctions publique comprise). - Réduire le recrutement contractuels à des cas imprévus ( grosses, accident de travail) et renoncer au statut de contractuels qui introduit une inéquité dans la fonction publique. - Afficher le salaire sur les fiches de poste( poste contractuels ou non ) afin d'éviter les négociations à deux vitesses ( le consultant du privé recruté à prix d'or négocie tandis que le jeune chef de service débutant se fait berner par une promesse de salaire à l'embauche démentie une fois le poste accepté par le siège chargé du recrutement.) - En cas de poste vacant, créer un concours pour les personnes venues du privé et désireuse de postuler. le concours doit rester la porte d'entrée unique de la fonction publique. Si un agent du privé souhaite intégrer la fonction publique, il doit passer par ce mode, comme tout le monde.